On associe volontiers la mijoteuse à une façon de cuisiner un peu dépassée et à des plats sans texture, aux saveurs indistinctes. Or, elle peut être un allié précieux quand on sait profiter de ses qualités. Ricardo Larrivée y consacre son nouveau livre de recettes.

Nathaëlle Morissette LA PRESSE

«Je suis un gars avec tous les préjugés de gars, lance sans détour Ricardo. Au départ, le tofu, non. Le végétarisme, encore moins. Planifier le lunch du lendemain, je n'y pensais pas. Et la mijoteuse, eh bien pour moi, ça faisait «matante».»

Eh bien, comme le dit l'adage, il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée. La preuve: depuis jeudi, un tout nouveau livre de recettes, signé par Ricardo lui-même, est arrivé en librairie. Son titre? La mijoteuse, de la lasagne à la crème brûlée. En 240 pages, il propose 65 recettes et des images appétissantes. Fait à noter, contrairement à ses livres de recettes précédents, dans lesquels il se met en scène sur quelques photos, à table ou avec ses enfants, cette fois, Ricardo se fait plus discret. La vedette, c'est la mijoteuse!

L'idée d'utiliser cette grande casserole électrique avec minuterie l'a longtemps rebuté, mais l'homme à la tête d'un magazine, d'une émission quotidienne et auteur de quatre livres de recettes a vite compris, à la lumière des courriels qu'il recevait sur le sujet, que l'intérêt des gens était là. En écoutant les discussions de ses collègues, toutes générations confondues, il a réalisé que la fameuse mijoteuse sauve bien des soirées en venant à la rescousse des familles et des petits ventres affamés. Comme c'est précisément à eux que pense le sympathique homme à tout faire de la cuisine lorsqu'il élabore ses recettes, il ne pouvait donc bouder l'appareil plus longtemps.

«On ne veut pas jouer au restaurateur. Nous autres, c'est pour une famille de quatre personnes qu'on travaille, raconte-t-il. On veut aider celui ou celle qui a 15 minutes pour arrêter au supermarché et qui se casse la tête tous les jours pour préparer un souper.»

Et c'est là qu'interviennent Ricardo et sa mijoteuse, un peu comme des superhéros. Après une course effrénée toute la journée au boulot, sur la route, dans le métro, les gens rentrent à la maison, où flotte déjà une appétissante odeur de poulet à l'ananas, de pain de viande ou même de lasagne. «Il y a quelque chose de rassurant là-dedans, croit Ricardo. Ce sont souvent des plats qu'on a moins le temps de cuisiner en semaine.»

Les recettes qu'il propose dans son livre n'ont pas été choisies au hasard. «On voulait qu'il y ait une réelle raison d'utiliser la mijoteuse.» Il admet lui-même que plusieurs tests effectués par son équipe et lui n'ont pas été concluants, c. Comme la cuisson du pain ou du risotto. «J'en suis venu à l'évidence, la mijoteuse est excellente pour les mijotés, les plats en sauce, pour attendrir les viandes coriaces et, étonnamment, pour plusieurs desserts qui nécessitent une cuisson en bain-marie ou humide comme les crèmes caramel et les poudings», écrit-il au début de son livre.

Pratique, sûre, économique - elle est capable d'attendrir les pièces de viande les moins chères - et écologique (elle utilise la même quantité d'énergie qu'une ampoule de 100 watts), cette «petite machine» ne remplacera jamais le four, la cuisinière ou le barbecue. Chez Ricardo, par exemple, on sollicite les services de la mijoteuse environ une fois par semaine. Souvent, les familles ont deux soupers presque prêts d'avance, dit-il. La mijoteuse s'occupe du troisième repas, qui peut parfois causer des maux de tête en raison du manque d'idées ou de temps.

L'appareil peut servir de porte de sortie, mais il ne fait pas tout le travail, prévient-il. Il faut quand même prendre le temps d'apprêter les légumes et les pièces de viande. «Je dis aux gens: si vous me donnez une demi-heure de votre temps, je peux faire quelque chose pour vous.»