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Une salle Françoise-Kayler inaugurée à l'ITHQ

De gauche à droite, les chefs Martin Picard... (Photo: Pierre Beauchemin, ITHQ)

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De gauche à droite, les chefs Martin Picard (Au Pied de Cochon), Normand Laprise (Toqué!), Danny Saint-Pierre (Auguste, à Sherbrooke) et Jean-Paul Grappe (chef à l'ITHQ) entourent les filles de Françoise Kayler, Isabelle et Marie-France, et Lucille Daoust (au centre), directrice générale de l'ITHQ.

Photo: Pierre Beauchemin, ITHQ

L'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) a inauguré, ce mercredi, la salle Françoise-Kayler au troisième étage de l'édifice de la rue Saint-Denis, un atelier culinaire qui forme les grands maîtres de la gastronomie québécoise pour laquelle «Madame Kayler» a consacré 50 ans de sa vie.

En présence de plusieurs grands cuisiniers québécois mais aussi de membres de la famille de l'ex-critique gastronomique de La Presse, décédée l'an dernier, une plaque à son nom a été dévoilée après que plusieurs lui aient rendu hommage.

«On la surnommait la grande dame de la gastronomie, a dit le directeur des communications de l'ITHQ, Paul Caccia. Jusqu'à son dernier jour, Françoise Kayler s'est démenée pour défendre les métiers de bouche.»

La directrice générale de l'ITHQ, Lucille Daoust, a raconté que «Madame Kayler» est décédée deux jours avant la remise de la sixième Bourse Françoise-Kayler de l'ITHQ née de la volonté de la critique de La Presse d'affirmer l'importance de la cuisine québécoise au sein de notre société.

«Très impliquée auprès des chefs, elle a voulu assurer leur relève avec cette bourse», a dit Mme Daoust, très émue.

Par la suite, le chef cuisinier Jean-Paul Grappe, son vieux complice avec qui elle partait en tournée au Québec, a rappelé l'importance que Mme Kayler a eu pour la prise conscience des Québécois envers une cuisine préparée avec des produits frais cultivés avec soin.

«Le samedi, on se précipitait pour acheter La Presse car on savait qu'il y avait toujours sa chronique au même endroit, a-t-il dit. Aux cuisiniers, elle lançait des fleurs ou des pots de fleurs! Mais c'était toujours bien écrit, avec sérieux. Elle n'était pas que journaliste. Elle défendait la corporation.»

Normand Laprise, le Grand chef Relais et Châteaux du Toqué!, a aussi rendu hommage à la contribution de Françoise Kayler au développement d'une véritable gastronomie québécoise.

«C'était une grande visionnaire, a-t-il dit. Elle a défendu des points il y a 20-30 ans que l'on défend aujourd'hui. Elle nous a motivés à ouvrir le Toqué! Et elle travaillait très fort pour qu'on réalise des maillages avec les producteurs agricoles. Je ne l'appelais que Madame Kayler mais aujourd'hui, je me permets de lui dire 'Merci Françoise pour tout ce que vous avez apporté au Québec'.»

Un qui doit aussi beaucoup à Françoise Kayler, c'est le chef du restaurant Au Pied de Cochon, Martin Picard, qui l'aimait beaucoup.

«Quand j'étais le chef du Club des Pins à la fin des années 90, je l'appelais 'grand-maman'. Avec elle, le côté critique-cuisinier, je ne l'ai pas connu. C'était plus une relation où elle était là pour voir que tout aille bien dans ma vie. C'était une femme directe, très sensible.»

La salle Françoise-Kayler est un atelier culinaire utilisé pour la formation des cuisiniers. Elle est située non loin de la salle Soeur-Angèle, qui sert de classe de perfectionnement, créée il y a huit ans.

Présente à cet événement, Soeur Angèle a aussi rendu hommage à la journaliste de La Presse: «Elle a donné une grande crédibilité à la gastronomie au Québec, a-t-elle dit. Et qu'elle écrive pour La Presse, ça l'a beaucoup aidée. Françoise n'avait pas deux visages. Elle disait ce qu'elle pensait. Mais elle a beaucoup favorisé les jeunes restaurateurs et leur donnait de bons conseils. On était juges ensemble une semaine avant son décès, le 24 avril 2010.»

Laurent Kayler-Blais, petit-fils de Françoise Kayler, garde bien des souvenirs de sa grand-mère. Mais elle lui a surtout léguer le goût de cuisiner chez lui.

«Quand je devais avoir 9 ans, je lui avais demandé pourquoi elle ne faisait pas de critique de la bouffe de McDonald's. Elle m'avait répondu: pourquoi pas! Avant d'ajouter qu'ils avaient assez de publicité comme ça! Elle m'emmenait parfois au restaurant. J'étais frappé par son intégrité. Elle se battait pour que la facture ne soit pas annulée. Elle m'a influencé pour que je fasse ma propre cuisine avec de bons produits.»

Le prochain repas-bénéfice de la Bourse Françoise-Kayler, au profit de la formation des grands élèves cuisiniers, aura lieu le 18 avril à l'ITHQ.




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