Derrière ce joli nom forgé au Québec se cache une baie qui suit son bonhomme de chemin dans nos champs et sur nos étals. La camerise, cultivée depuis seulement 10 ans un peu partout dans la province - le Saguenay-Lac-Saint-Jean étant devenu son terrain de prédilection -, est aujourd'hui modelée par des producteurs locaux toujours plus nombreux: en 2017, pas moins de 1 million de camerisiers sont en train de pousser au Québec, entretenus par quelque 200 producteurs.

Sylvain Sarrazin LA PRESSE

Un succès croissant auquel Dominique Tremblay, fondateur des Camerises Mistouk, à Alma, a apporté sa pierre, après avoir présenté ses produits à base du petit fruit à l'émission Dans l'oeil du dragon, l'an passé. «Ça a eu un impact positif non seulement sur mon entreprise, mais aussi sur toute l'industrie», avance-t-il.

Son fer de lance ? La version confiturée de la camerise, regorgeant de nuances. «L'ajout de six épices boréales, issues de ma région, lui donne encore plus de caractère», souligne M. Tremblay.

Une complexité qui s'étire tout au long de la dégustation. En première impression surgissent des arômes proches de la framboise, du cassis, du bleuet, voire de la cerise noire (laissant profiler un accord avec des fromages de brebis, comme une Tomme du Kamouraska ou un Zacharie Cloutier). Cette rondeur laisse ensuite place à une subtile acidité, digne d'une jeune prune, à une très légère amertume, évoquant la rhubarbe, et, en toile de fond, à des accents forestiers d'épinette. Le tout étant très équilibré, cette confiture locale est la preuve que cette belle baie, qui ressemble à un bleuet en forme de cloche, a vraiment pris ses aises sous nos latitudes.

Pourtant, l'un des juges des Dragons ne croyait pas au succès potentiel de ce produit. «Les confitures, il y en a tellement, vous allez vous perdre là-dedans», avait-il lancé. Les chiffres lui ont donné tort. «La confiture, ça pogne, c'est mon premier vendeur. Les gens ont la dent sucrée!», assure Dominique Tremblay, qui recommande de l'essayer sur une rôtie avec du fromage à la crème léger, ou accompagnée de petits pâtés. «La belle amertume de la camerise ira très bien se marier avec des terrines, comme un pâté de foie gras.»

Pour pousser l'aventure au-delà de la confiture, la camerise se décline en sauce piquante, légère ou forte, en moutarde, en tartinade, en ketchup, en sirop, en sorbet...

Ajoutez à cela des propriétés nutritives exceptionnelles (vitamines, antioxydants, potassium, magnésium et j'en passe), et la camerise a toutes les raisons de gagner ses lettres de noblesse auprès des gourmets québécois.

S'en procurer

Confiture boréale de camerises, 10 $

De très nombreux points de vente au Saguenay,  à Québec, à Montréal.

En vente également chez d'autres producteurs  (Les petits fruits du clocher, en Montérégie;  Camerises et cerises, en Estrie, etc.).

Le site de l'association des producteurs de camerises  du Québec propose une vaste liste de producteurs,  du Bas-Saint-Laurent aux Laurentides.

Photo Archives La Presse Canadienne

La camerise est cultivée depuis seulement 10 ans un peu partout dans la province.