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La thèse des risques élevés contestée

Alain Bouchard
Le Soleil

La psychologue chercheuse Tamarha Pierce, de l'Université Laval, remet en cause l'idée que les grossesses à 40 ans soient nettement plus à risques que les autres. Le nombre plus élevé d'interventions médicales «pourrait en partie s'expliquer par une plus grande prudence de la part des médecins à l'égard de leurs patientes plus âgées», dit- elle au Soleil.

Sur le plan psychologique, par ailleurs, Mme Pierce ne voit pas de différences marquées entre les femmes qui vivent une grossesse et deviennent mère à 40 ans et celles qui deviennent mères au cours de leur vingtaine ou de leur trentaine.

Selon une étude effectuée en Suède auprès de 1300 femmes enceintes une première fois, celles de 35 à 43 ans semblent légèrement plus inquiètes pour leur enfant durant la grossesse que les futures mères âgées de 26 à 29 ans, rapporte la psychologue. Mais ces deux groupes ont un niveau comparable d'inquiétudes par rapport à l'accouchement.

«Ces inquiétudes, dit-elle, peuvent être en bonne partie attribuées au fait que la maternité plus tardive - passé 35 ans - est présentée par les intervenants médicaux comme comportant plus de risques au plan médical, pour la mère et l'enfant; et non pas nécessairement à l'expérience personnelle de la future mère plus âgée. Ce sont les très jeunes femmes - 15 à 20 ans - qui présentent le niveau d'inquiétudes le plus élevé, tant à l'égard de l'enfant que de l'accouchement.»

Ni meilleures ni pires

Elle ne pense pas non plus que les femmes qui deviennent mères à 40 ans ou plus sont de meilleures ou de moins bonnes mères que celles dans la vingtaine ou la trentaine. «La recherche suggère plutôt des risques associés à la maternité adolescente, explique-t-elle. Faute d'un bon soutien social, de maturité et de préparation à la maternité, les jeunes mères sont plus à risque d'éprouver de la difficulté à exercer adéquatement leur rôle maternel que les mères adultes.»

Les mères plus âgées sont par ailleurs moins stressées et font mieux fonctionner la famille que les mères plus jeunes, dit Mme Pierce. «Moins stressées par la maternité, plus patientes, mais aussi plus fatiguées», nuance la spécialiste.

Contrairement à une certaine idée reçue, les jeunes mères auraient plus d'attentes irréalistes de la maternité que celles de 40 ans, observe la psychologue. Et les jeunes mères seraient également moins bien préparées à comprendre les besoins de leur bébé.

L'enfant d'une mère plus vieille n'est aucunement affecté par la différence d'âge, estime l'universitaire. «Ce qui compte, dit-elle, c'est bien plus l'attitude et les sentiments exprimés.»

En revanche, la mère vit plus difficilement cette différence d'âge. Par exemple, précise Mme Pierce, elle a parfois peur de mourir avant que son enfant ne devienne adulte. Ou elle a peur de ne pas connaître ses petits-enfants.

 




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