Vous redoutez peut-être d'entendre la fameuse phrase: «je ne veux pas aller à l'école» avec ce ton larmoyant qui fait chavirer le coeur d'un parent. Quelle est la meilleure façon de motiver son enfant? En l'incitant à s'adonner à son activité préférée qui le stimulera dans son quotidien.

Annie Bourque, collaboration spéciale LA PRESSE

Le choix est vaste parmi la gamme proposée dans chaque école du primaire ou secondaire: natation, football, basketball, musique, danse, initiation au cirque, cuisine, soccer, etc.

Outre l'augmentation de la motivation, les bienfaits sont indéniables. «La pratique d'une activité en dehors des heures de classe améliore le rendement scolaire et diminue le décrochage», explique Anne-Sophie Denault, professeure adjointe à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval.

Mme Denault a préparé une thèse de doctorat sur le sujet. Au Québec, estime-t-elle, environ 70% des étudiants du secondaire s'adonnent à une activité parascolaire. Elle a suivi 350 adolescents inscrits dans les sports (football, cheerleading, natation, karaté), les arts (cirque, danse, improvisation) ou membres à des clubs spécifiques comme le café étudiant, le scoutisme.

Il ressort que l'activité en question, choisie par l'étudiant, lui permet de forger son identité et par le fait même, de développer son autonomie. De plus, il socialise avec d'autres amis, différents de son réseau habituel.

«Nous avons observé une diminution des facteurs dépressifs comme une humeur morose ou un manque d'appétit et une diminution des comportements délinquants», note Mme Denault.

Des génies de la BD

Plusieurs écoles proposent des activités. À l'école secondaire Paul-Gérin Lajoie située dans le quartier Outremont par exemple, la directrice Gaétane Marquis observe un lien entre la pratique d'activités et le sentiment d'appartenance à l'établissement. «L'école n'est pas seulement un endroit pour apprendre des matières académiques, mais c'est un milieu de vie.»

Les activités les plus populaires? La danse chez les filles et les sports d'équipe pour les garçons. Les étudiants ont aussi le choix de faire partie d'une troupe de théâtre, d'improvisation, de l'équipe de la radio étudiante ou de Génies en herbe. Les mordus de bandes dessinées participent au concours Génies en BD du Club de lecture Furyo Manga dont font partie plus d'une centaine de garçons.

«Les étudiants vont se souvenir toute leur vie de leur activité préférée. On leur donne en quelque sorte la piqûre. Plus tard, ils vont peut-être continuer à faire du théâtre», dit Mme Marquis.

Un coût minime

«Notre ligne directrice est de limiter le plus possible les frais pour les parents. Une activité parascolaire ne coûte pas plus que 10$. Les jeunes doivent s'inscrive au début de septembre.»

Scoutisme

Chez les scouts, l'inscription peut s'étendre jusqu'au début du mois d'octobre. Le coût varie de 75$ à 200$ selon le nombre de sorties ou d'activités. «On constate un retour au scoutisme. Les jeunes aiment le plein air et veulent protéger et agir pour l'environnement», indique Marie-Hélène Giguère, directrice des communications à l'Association des scouts du Canada.

Chez les 17 000 membres scouts au pays, on dénombre 41% de filles et 60% des garçons. La plupart d'entre eux garderont des souvenirs inoubliables de leur camp d'été ou d'hiver. «Cela développe des liens entre eux. Les jeunes aiment faire partie d'un clan et relever des défis ensemble.»