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Des nouveaux parents épuisés, mais heureux

Le comédien Jici Lauzon a trois enfants de 2, 4 et 6 ans. Lui qui aimait les... (PHOTO DIGITAL VISION/THINKSTOCK)

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Le comédien Jici Lauzon a trois enfants de 2, 4 et 6 ans. Lui qui aimait les grasses matinées, c'est désormais chose du passé. L'arrivée de ses enfants a bouleversé sa vie de lève-tard. La paternité le comble de bonheur, mais il avoue parfois qu'il tombe de fatigue dès 21 h.

Le comédien Jici Lauzon s'évanouit peut-être de fatigue... (PHOTO FOURNIE PAR JICI LAUZON) - image 1.0

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Le comédien Jici Lauzon s'évanouit peut-être de fatigue le soir venu, mais ses trois enfants le comblent de bonheur.

PHOTO FOURNIE PAR JICI LAUZON

« On ne se couche pas le soir, on s'évanouit!, dit-il en riant. Je suis quelqu'un de fondamentalement positif. Avoir des enfants, ça nous fait revoir nos priorités. On doit apprendre à abandonner cette course folle contre la montre. Ça nous oblige à relativiser et à oublier nos égos. On est condamné non pas à être fatigué, mais à une gestion plus consciente de son sommeil. On peut aussi se fatiguer à vouloir retrouver à tout prix le temps qu'on n'a plus pour soi! », précise le comédien, qui célébrera ses 60 ans l'été prochain.

Il s'estime fatigué, mais heureux. « Un pur bonheur, les enfants. On est dépossédé de son temps et de son sommeil. Les discussions avec notre blonde ne sont plus les mêmes, on commence une phrase un lundi et on la termine le jeudi, mais quelle joie! », affirme Jici Lauzon. 

Il confie qu'il connaît des parents qui se réfugient aux toilettes pour aller dormir 10 minutes tellement ils sont épuisés! « Il faut que je récupère du sommeil à un moment donné, sinon je ne tiens pas. Mon âge aussi y est pour quelque chose. Avoir des enfants après 50 ans, ce n'est pas la même chose! Même si je suis très en forme, je manque parfois un peu d'énergie. Est-ce que quand mes enfants seront plus grands, ça sera moins prenant? Je ne sais pas. » 

Des réserves d'énergie insoupçonnées

Oui et non, répond Pascale, mère de deux enfants de 5 et 10 ans. « La vie reprend, puisque les enfants sont plus autonomes, mais la possibilité de récupérer reste tout de même quasi nulle, et c'est ça la grande difficulté des parents. On puise dans des réserves d'énergie qu'on ne soupçonnait pas. On est en quelque sorte condamné, mais on peut se reposer autrement. Si ma fille de 10 ans invente un jeu et toute la famille rigole, ça va nous détendre », dit-elle.

« Il faut abandonner l'idée de tout contrôler. On ne peut pas tout avoir. Des activités multiples, une vie sociale remplie, une grande réussite professionnelle et des petits plats mijotés, c'est certain que tu vas être crevée », ajoute Pascale.

Garder du temps pour soi malgré la fatigue accumulée est indispensable. « Si chaque semaine je fais du yoga et je vois quelques amies, ça va me faire du bien et je serai plus en forme. On ne peut pas vivre comme avant. Il y a des gens qui ont du mal à faire ce deuil et veulent continuer à sortir au même rythme que lorsqu'ils étaient sans enfant. Ce n'est pas possible. Et quand tu n'as pas d'aide autour de toi, que ce soit des grands-parents présents ou de la famille, c'est encore plus difficile », prévient Pascale. Même les vacances ne sont plus une source de repos. « On revient encore plus fatigués! Impossible de récupérer! Le vrai repos serait de prendre quelques jours sans les enfants, mais il faut évidemment que tu aies la chance d'avoir des grands-parents qui peuvent les garder. »

Julie Lamontagne, 40 ans, a un fils de 2 ans. Elle est extrêmement bien organisée. « Je fais des listes, ça me permet de ne pas avoir trop de choses en tête, dit-elle. Mon fils me donne de l'énergie. Quand je le vois émerveillé devant les animaux au Biodôme, j'oublie tout, même ma fatigue la plus profonde! Je fais beaucoup plus de choses aujourd'hui avec lui qu'avant sa naissance. Être fatiguée, je pense que ça fait partie de la vie de parents... »

EN CHIFFRES

44 jours
Nombre de jours de sommeil perdus par les parents durant la première année de vie de leur enfant, selon une étude britannique réalisée en 2013.
5,1 h
Moyenne d'heure de sommeil par nuit des nouveaux parents durant la première année de leur enfant.
1/3
Nous passons un tiers de notre vie à dormir.
7 à 8 h
Un adulte a besoin en moyenne entre 7 à 8 heures de sommeil par nuit.

QUELQUES CONSEILS

Voici quelques conseils de Francine Ferland, ergothérapeute et auteure de Pour parents débordés et en manque d'énergie, aux éditions CHU Sainte-Justine. Ils ont été commentés et approuvés par Nancy Coulombe et Nadine Descheneaux, du blogue les (Z)imparfaites, qui publieront à l'automne un livre sur le lâcher-prise aux éditions Druide.

Retrouver des plaisirs simples

« Écouter un film en famille, tous collés sur le divan est une activité familiale satisfaisante! Pas besoin de sortir le bricolage en 28 étapes ni de s'organiser une complexe fin de semaine de camping avec deux enfants de moins de 3 ans pour être bien ensemble. »

Baisser ses exigences

« Pourquoi plier ses débarbouillettes? Pourquoi s'obliger à avoir cinq sortes de légumes différents au souper ce soir? Pourquoi refaire en "mieux" ce que son chum a fait de son mieux? On se calme! »

S'aménager du temps pour soi dans son horaire de manière systématique 

« On regarde notre to-do list et on enlève un truc sans le faire. On a toujours trop tendance à surcharger notre liste! Et on ne culpabilise pas. On se répète "Ouin, pis? ". »

Avoir le sens de l'humour, c'est indispensable pour pouvoir se détendre

« Arrêtons de se prendre au sérieux et de croire que tout ce qu'on fait aura un impact dans la vie adulte de nos enfants. Cessons de se culpabiliser et rions de nos erreurs! »

Reconnaître les choses qui nous déplaisent et déterminer ce qu'on peut changer

« Tous les "faucons": on élimine ça. Les quoi? Les "faut qu'on", c'est tout ce qu'on s'oblige à faire parce que les autres le font, parce que ce serait mieux... mais pour qui au juste? »

Apprendre à dire non pour ne pas ajouter de stress à votre journée

« Dire non, c'est se dire oui. Dire non nous donne du temps alors qu'on en manque tant! Alors, pourquoi s'en passer? »

Choisir ses batailles

« Parfois entre deux maux, il faut simplement choisir le moins pire. Ce n'est pas le moment de penser à toutes les répercussions possibles. On s'autorise à être en mode survie, et on fait ce qu'on peut avec les moyens qu'on a au moment où ça se produit. Au pire, on se déculpabilisera avec une bouteille de rouge! »




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