L'obtention d'une signature pour un examen ou de l'argent pour une sortie. Le choix des photos d'école en début d'année ou même du décor derrière l'enfant, sur le cliché. Quand le dialogue entre des parents est minimal, à l'école et à la garderie, tout peut devenir source de tension et de complication.

Louise Leduc LA PRESSE

La guerre froide

« À la prochaine réunion de parents, je vais devoir aborder la question, explique Julie, une enseignante au primaire qui préfère garder l'anonymat. Quand mon élève est chez son père, elle n'a aucun contact avec sa mère et vice-versa. Si un document se trouve chez sa mère la semaine où elle est chez son père, pas moyen de l'obtenir. Si c'est au tour de son père à payer une sortie, on attend l'argent pendant des jours. Et les vêtements d'éducation physique sont souvent dans l'autre maison. »

Cette enseignante met sans cesse des petites notes dans l'agenda de l'élève à l'attention des parents. « Elle trouve cela lourd, elle se sent mal et moi aussi. »

Les enseignants interviewés signalent que les écoles ne font aucun chichi quand il s'agit d'envoyer un bulletin ou des communications en double. Avec le courriel, cela se fait plus facilement que jamais. Un nom de plus sur la liste d'envoi et le tour est joué. Par contre, gérer les guerres parentales, c'est autrement plus lourd.

La guerre totale

« Quand c'est très conflictuel entre deux parents, la première chose qu'ils nous disent, c'est que l'ex-conjoint n'a pas le droit de voir l'enfant, raconte Mona Lisa Farinacci-Borrega, propriétaire d'une garderie. On ne peut pas empêcher un parent de voir son enfant comme cela, sans preuve, alors il nous faut des preuves, il nous faut les documents juridiques. »

Il est arrivé qu'un père interdit de contact se présente tout de même dans la cour pour voir son enfant. « Je suis sortie et ça s'est réglé rapidement », dit Mme Farinacci-Borrega.

« Ça fait 12 ans que j'ai ma garderie et les problèmes sont rares. Je mets rapidement très au clair que nous n'entrons pas dans les petits jeux de pouvoir et que le seul parti que nous prenons, c'est celui du bien-être des enfants. »

L'idéal : parler d'une même voix

Quand les parents arrivent à parler d'une seule voix, la famille recomposée, cela peut même aider. « Je me souviens d'avoir convoqué les parents à une rencontre parce que l'on avait surpris leur fils avec de la drogue, évoque une enseignante au secondaire. Le père est arrivé avec sa nouvelle conjointe, la mère, avec son nouveau conjoint. Ça a fait quatre adultes sur le dos de ce jeune qui s'est fait passer tout un savon ! »