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Planète bleue 2: l'étonnante intelligence des poissons

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Dix-sept ans après la sortie de Planète bleue, la BBC a replongé ses caméras dans les eaux tropicales et glacées de nos océans pour nous présenter la suite. La série documentaire extraordinaire est narrée en français par nul autre que le journaliste et animateur de Découverte, Charles Tisseyre. La Presse lui a parlé à la veille de la diffusion des huit épisodes sur ICI Explora.

«Les faux épaulards semblent chercher des dauphins et ils sont nombreux dans ces eaux côtières. Ils les ont repérés [musique dramatique]. Filant à 10 noeuds, les faux épaulards les rattrapent vite. Mais il se produit alors quelque chose de vraiment extraordinaire. Les dauphins font volte-face, comme pour accueillir leurs poursuivants. Ils semblent changer leurs cris d'appel. Se pourrait-il qu'ils tentent de communiquer? Aussi invraisemblable que cela puisse être, il semble que les membres de ces deux espèces distinctes soient de vieux amis...»

Pas de doute, nous sommes en présence de Charles Tisseyre, qui fait la narration de Planète bleue 2 de la BBC. Probablement l'une des rares voix à être capables de créer un suspense en décrivant des comportements animaux.

La série tournée en ultra-HD est le résultat de 125 expéditions sous-marines menées dans tous les océans avec le soutien de plusieurs équipes de scientifiques. Des carangues à grosse tête qui attrapent des oiseaux en plein vol aux calmars géants qui se retournent contre les membres de leur espèce quand ils ne trouvent pas de nourriture, en passant par les poissons-clowns qui déplacent, dans une séquence incroyable, une demi-coque de noix de coco jusque dans une anémone pour que madame ponde ses oeufs, on nous livre ici les dessous de la vie marine.

Charles Tisseyre avoue avoir été soufflé par la qualité des images rapportées par les équipes de tournage, qui ont ratissé les océans et même filmé au coeur de sources hydrothermales.

«C'est ce qui m'a le plus épaté dans cette série, nous dit l'animateur passionné. Les moyens de tournage et la technologie utilisée ont beaucoup progressé.

«On est maintenant capable de rester sous l'eau pendant trois heures [plutôt que 45 minutes] grâce à des appareils qui permettent de recycler l'air qu'on respire. On ne fait pas de bulles, donc on ne dérange pas les animaux, ils s'habituent à notre présence et on arrive à obtenir une intimité jamais atteinte avec certaines espèces.»

Qu'est-ce qui a le plus surpris le journaliste scientifique dans ce document? «Ce sont les comportements de certains animaux. Je pense à ce poisson, le médague défense, qui se sert de la paroi d'un corail pour ouvrir une palourde. On croyait que cette intelligence-là était réservée aux chimpanzés! Les carangues, qui attrapent des oiseaux en plein vol, ont le cerveau suffisamment développé pour calculer, à partir de leur position sous les flots, le trajet d'un oiseau. Ils sont capables de synchroniser leur nage avec le vol de l'oiseau et sauter très haut au moment précis pour l'attraper. C'est la première fois qu'on documente et qu'on filme ce type de comportement. C'est renversant!»

Outre ces scènes de vie extraordinaires captées dans les habitats de plusieurs espèces de poissons (notamment grâce à des drones), Planète bleue 2 aborde la question plus politique de la santé de nos océans.

Chaleur et pollution

Il est notamment question des coraux, menacés par la hausse rapide des températures de l'océan et par l'augmentation des débris de plastique. «Il y a deux espèces qui vivent en osmose à l'intérieur de ces coraux, résume Charles Tisseyre. Des algues et de petits animaux, qui forment les polypes. Quand la température augmente, ils abandonnent les coraux, qui blanchissent. Ces écosystèmes abritent plusieurs espèces de la vie marine. C'est un phénomène inquiétant parce qu'il est de plus en plus répandu.»

C'est un des autres éléments abordés par la série: les résidus de plastique qui polluent les océans et qui tuent des espèces de poissons (et des coraux!) ou encore des oiseaux qui les confondent avec de la nourriture.

«C'est atroce, raconte le journaliste de Découverte. Il y a à certains endroits dans les océans d'immenses concentrations de particules de plastique, qui forment des îles flottantes de centaines de mètres de profondeur et qui peuvent avoir la taille de l'État du Texas.

«Ce plastique provient de nos bouteilles et de nos sacs. En se décomposant, ces petites particules sont absorbées par les plus petits êtres vivants de l'océan et ça remonte la chaîne alimentaire jusqu'à nous!»

Le ton de la série documentaire est tout de même à l'avenant et, dans l'ensemble, assez positif. Est-ce que la BBC pèche par excès d'optimisme, malgré la gravité de la situation des océans?

«Il y a des critiques en Angleterre qui ont dit que ce documentaire aurait dû porter sur l'humain qui détruit la planète, admet Charles Tisseyre. Si on fait un documentaire uniquement sur les horreurs provoquées par l'activité humaine sur nos écosystèmes, combien de gens iront le voir avidement? - comme ils l'ont fait avec Planète bleue, qui a été vu par 14 millions de téléspectateurs. Je pense que si on montre toutes les beautés qui existent encore dans les écosystèmes de notre planète, mais qu'en même temps on explique que ces écosystèmes sont menacés ou en danger, le message passera mieux et va rejoindre un grand public.»

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Les huit épisodes de Planète bleue 2 seront diffusés du 23 au 29 avril, à 20 h, sur ICI Explora.




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