Les statistiques parlent d'elles-mêmes: 50% de la population nord-américaine de chiens et de chats a un problème de surpoids, et 25% d'entre eux souffrent d'obésité chronique. Véritable enjeu de santé publique chez l'humain, l'obésité est considérée par de nombreux vétérinaires comme une épidémie chez nos compagnons à quatre pattes.

Stéphanie Vallet LA PRESSE

« La sédentarité de l'homme moderne et celle de ses compagnons vont de pair. L'humain montre son affection envers son animal en le nourrissant et se déculpabilise de le laisser seul toute la journée de la même manière», explique Yves Tarte, vétérinaire et chargé du développement professionnel chez Hills's Pet Nutrition.

Pourtant, si votre compagnon ne semble jamais être rassasié et quémande sans arrêt de la nourriture, c'est que c'est dans sa nature. «Le chien a un instinct de préservation, alors il se dit: ''Nourris-toi aujourd'hui, car demain tu n'auras peut-être pas de quoi manger''. Les gens font de l'anthropomorphisme et interprètent les repas comme des moments de plaisir. Résultat, 60 à 70% des chiens qui passent la porte de mon bureau sont en surpoids, se situant entre 7 et 9 sur une échelle où 9 indique un état d'obésité morbide», précise le docteur Sébastien Kfoury.

Outre l'aspect esthétique, le surpoids et l'obésité sont des facteurs aggravants ou déclencheurs de nombreuses pathologies comme l'arthrite, les blessures aux ligaments croisés, les maladies cardiaques, les cancers, le diabète, etc.

Accepter et agir

Pour de nombreux propriétaires, il est difficile d'accepter que son compagnon ait un problème de poids. Pourtant, il existe un moyen simple et efficace de savoir si c'est le cas: le test des côtes.

En effet si en passant la main sur les côtes de votre animal vous ne les sentez pas, c'est qu'il est temps de passer à la diète. Si les côtes et la colonne vertébrale sont difficilement palpables, que le creux de flanc n'est plus visible, on considère que le chien ou le chat est en excès de poids. Enfin, si une distension abdominale évidente est présente, alors votre compagnon est obèse.

Dès lors, la première étape sera de modifier son alimentation en lui donnant une nourriture «légère» dont la concentration en énergie et en lipides est diminuée, mais qui permet de couvrir tous ses besoins nutritionnels. Les fibres y sont souvent augmentées apportant ainsi un effet de satiété. Afin qu'il ne soit pas affamé et, par conséquent, ne réclame pas de la nourriture, il est indispensable de diminuer la ration très progressivement.

Dans certains cas, votre vétérinaire pourra vous prescrire un médicament pour lutter contre l'obésité de votre chien, comme le Slentrol.

«C'est un médicament qui donne à l'animal une impression de satiété. On l'utilise dans des cas extrêmes d'obésité morbide. Il permet d'instaurer un régime de perte de poids sans que l'animal ressente une faim atroce. Il est indiqué pour des animaux qui ont des problèmes à réguler leur satiété et dont les propriétaires ne sont pas capables de résister», explique Sébastien Kfoury, directeur des services vétérinaires de l'hôpital Rive-Sud et du Centre vétérinaire Laval.

L'exercice physique (30 minutes matin et soir) reste la clé de la lutte et de la prévention contre les problèmes de surpoids. Mais à un certain stade, certains animaux ne sont même plus capables de se déplacer.

«En physiothérapie, on va utiliser un tapis roulant sous l'eau. En une heure, l'animal peut perdre les calories d'une semaine. Puis, une fois la masse musculaire reconstruite, il pourra reprendre des marches à l'extérieur», précise le Dr Kfoury.