Les pochettes d'aliments se multiplient à l'épicerie. Pesto, sauces, soupes et maintenant légumineuses, des aliments que l'on trouve traditionnellement dans des boîtes de conserve changent de format.

Stéphanie Bérubé LA PRESSE

Comme la nécessité est mère de l'invention, il y a derrière cette nouvelle tendance une question de gros sous. Le prix de l'acier a commencé à grimper l'année dernière, entraînant avec lui celui de la boîte de conserve, qui coûte maintenant plusieurs cents de plus. «Le prix de la boîte de conserve a augmenté d'au moins 40% partout dans le monde», explique Jean-François Pratt, chef de produits chez Lassonde. Difficile de refiler la note aux consommateurs, en période de récession.

Lorsque le coût du transport a aussi augmenté, les industriels de l'alimentation se sont dit qu'il était peut-être temps de penser à mettre au rancart la conserve, lourde et peu pratique.

Lassonde vient de lancer une nouvelle gamme de produits en pochettes, dont cette étonnante gamme de légumineuses qui, placées dans des sacs, ne cachent plus leur texture en sauce. Au toucher, cela s'apparente à la consistance d'un lit d'eau en manque de matière première et peut certainement surprendre le consommateur. Vrai, concède le représentant de Lassonde. Mais les consommateurs québécois, tout comme les Européens, note Jean-François Pratt, apprivoiseront vite le «baluchon», surtout lorsqu'ils auront compris le principe écolo qui le sous-tend.

La Maison Le Grand, entreprise québécoise spécialiste des condiments haut de gamme, a fait le même raisonnement. Le jour où ses pots de verre importés de Chine ne sont pas arrivés à destination, les spécialistes ont revu l'emballage pour finalement opter pour le sachet recyclable, 17 fois plus léger que le bocal original. L'économie de CO2 pendant l'expédition est considérable, note Bernard Le Grand, de la maison du même nom. «C'est un peu choquant de penser que le plastique est une option écolo, car le plastique a très mauvaise presse», dit-il.

Il est vrai que l'on recycle beaucoup les conserves et le verre sont très recyclés au Québec, mais non la pochette multicouche, même si elle est théoriquement recyclable. En attendant, Bernard Le Grand suggère de la réutiliser pour apporter des vinaigrettes ou des soupes en camping. Il reste aussi à maîtriser la manipulation du nouveau format, ce qui demande un peu de technique et d'entraînement.