La lutte au vilain gras trans lancée en 2006 par le gouvernement fédéral donne de bons résultats: 80% des aliments préemballés respecteraient la limite imposée. Et de moins bons: la majorité des produits de boulangerie (croissants, tartes, gâteaux, beignes et brownies) qui ne sont pas destinés à la vente directe aux consommateurs dépassent la limite permise. Et parfois de beaucoup.

Mis à jour le 13 févr. 2009
Stéphanie Bérubé LA PRESSE

«C'est pour cette raison que nous croyions qu'il faut imposer une réglementation et non laisser une autoréglementation entre les mains de l'industrie», précise Stéphanie Tremblay, nutritionniste à la Fondation des maladies du coeur du Québec.

Le Programme de surveillance des gras trans publiait jeudi son nouveau rapport. Les inspecteurs fédéraux ont vérifié la teneur en gras trans affichée sur des produits alimentaires commerciaux, notamment des produits de boulangeries et de pâtisseries qui étaient jusqu'à tout récemment des mines de ces gras saturés, hautement dommageables pour la santé.

Le résultat est consternant: là ou les industriels doivent afficher la composition de leurs aliments, les gras trans ont fondu, en général.

«Notre gouvernement se réjouit de constater que l'industrie a réduit le niveau de gras trans dans de nombreux aliments préemballés, commente la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq. Elle y est parvenue en trouvant des solutions plus saines, sans toutefois augmenter les niveaux de gras saturés. Il est aussi encourageant de constater que les aliments vendus dans divers restaurants de cuisine internationale respectent la limite de gras trans.»

Bravo pour ce volet où il y a de nettes améliorations. Les résultats sont toutefois moins reluisants dans les aliments destinés aux restaurants ou aux cafétérias. Ces produits de boulangerie ne sont pas étiquetés. Leur teneur en gras trans est nettement plus élevée: 75% des croissants ont échoué le test. C'est-à-dire qu'ils contiennent plus de 5% de gras trans. Et que le consommateur l'ignore.

«Nous continuons de recommander aux consommateurs d'éviter le plus possible les aliments transformés et d'être très prudents avec les produits de boulangerie», note Stéphanie Tremblay. La nutritionniste conseille aussi aux consommateurs de bien lire les étiquettes à l'épicerie, car une partie des produits ne se conforment toujours pas aux recommandations fédérales.