Le Conseil de la mode britannique (BFC), qui organise la semaine de la mode de Londres, a abandonné son projet d'exiger des certificats médicaux des mannequins, une mesure qui devait encourager la lutte contre l'anorexie, a-t-il indiqué mercredi.

Dans une lettre ouverte au secteur de la mode, Hillary Riva, la directrice exécutive du BFC, a annoncé l'échec de cette initiative visant à interdire les mannequins «taille zéro» dans les défilés britanniques, qui sont accusés d'encourager l'anorexie.

Hillary Riva a expliqué cette décision par la difficulté de mettre en pratique un règlement qui aurait demandé aux mannequins de prouver qu'ils ne souffrent pas de troubles nutritionnels avant de défiler à Londres, alors que New York, Paris ou Milan ne veulent pas imiter cette mesure.

«Cela marchera seulement si c'est une solution internationale», a-t-elle souligné dans cette lettre publiée dans le Times, et dont le BFC a confirmé la teneur à l'AFP.

Le BFC s'était précédemment inquiété que des mannequins étrangers puissent refuser de défiler à Londres et que certains couturiers ne préfèrent montrer leurs collections ailleurs.

Les certificats médicaux pour les mannequins avaient été recommandés par un rapport britannique de 2007 sur la santé des mannequins, à la suite du décès l'année précédente de plusieurs mannequins qui ne s'alimentaient quasiment plus, lançant un débat au niveau international sur l'extrême maigreur des jeunes filles et jeunes hommes, sur les podiums.

La Chambre syndicale de la mode de Paris argue qu'il n'est pas de son ressort d'exiger des certificats médicaux des mannequins, la Chambre nationale de la mode de Milan privilégie l'autorégulation, tandis que le Conseil des couturiers américain a estimés que de telles régulations seraient contraires au droit du travail.