La SAQ, monopole oblige, est incontournable au Québec, mais pourrait-elle devenir un gros joueur dans l'industrie du vin en dehors de la province?

Vincent Marissal LA PRESSE

La haute direction de la société d'État y croit et elle cherche, à l'occasion de l'élaboration de son prochain plan stratégique, de nouveaux débouchés au Canada et même dans le monde.

L'idée n'est pas de délaisser le Québec, assure le président de la SAQ, Philippe Duval, au cours d'un long entretien il y a quelques semaines. Le Québec restera la priorité absolue, mais comme la SAQ a atteint ici sa vitesse de croisière, elle cherche à exporter (ou vendre) son savoir-faire et son expertise.

Un exemple : le laboratoire d'analyse et de contrôle de la qualité de la SAQ.

La société d'État s'est rendu compte que certains gros détaillants privés, comme la chaîne américaine de magasins de vin Total Wine, ne font pas leurs propres analyses scientifiques avant d'acheter un produit, se contentant d'exiger que leurs fournisseurs soient approuvés par la SAQ.

Le sceau du labo de la SAQ, reconnu partout dans le monde, est donc devenu une norme de qualité optimale dans le marché du vin. Les producteurs y envoient des échantillons et la SAQ en fait l'analyse, question d'assurer la qualité des produits avant de les vendre aux Québécois.

Évidemment, la SAQ ne pourrait pas cogner à la porte des détaillants pour exiger des frais d'expertise scientifique et de contrôle de qualité. Il s'agirait plutôt, à terme, de faire du sceau SAQ la norme de qualité de prestige reconnue et recherchée partout dans le monde, ce qui amènerait les producteurs à payer le labo pour y faire approuvée leurs vins.

Le concept est intéressant, mais ce n'est qu'un projet pour le moment, reconnaît Philippe Duval.

Autre avenue : vendre l'expertise de la SAQ à l'étranger, notamment en formation, en commercialisation et en mise en marché. La Chambre de commerce de Bordeaux, qui travaille avec la Chine pour développer le marché du vin, a récemment contacté la SAQ pour son expertise en formation.

«Dans les domaines de la formation et la commercialisation, la SAQ est perçue, dans plusieurs milieux, comme une référence. Nous pouvons tirer profit de cette reconnaissance pour développer des marchés», avance M. Duval.

Par ailleurs, la SAQ veut se servir de ses contacts et de son influence pour obtenir des exclusivités auprès de certains producteurs, ce qui lui permettrait d'en devenir le distributeur unique au Canada. Ainsi, c'est la SAQ qui fournirait aux autres provinces, à profit, certains vins dont elle détient l'exclusivité.

Gros acheteur, la SAQ peut aussi devenir fournisseur des plus petits marchés, dans les Maritimes, notamment. Si, comme c'est arrivé récemment, un producteur de Scotch cesse de vendre un de ses produits à la Nouvelle-Écosse, prétextant un trop faible volume, la SAQ peut alors jouer les intermédiaires et lui revendre le produit en question.

Anticipant une fin prochaine des barrières tarifaires entre provinces, la SAQ prépare aussi son site internet pour devenir active sur le marché canadien.

À l'heure actuelle, il est interdit (du moins en principe) d'acheter du vin dans une autre province. Vous ne pouvez non plus vous faire livrer du vin par les sociétés d'État, les producteurs ou les détaillants privés des autres provinces.

MOINS DE 20$

DOMAINE CAZAL VIEL, VIOGNIER, VIN DE PAYS D'OC 2007

(CODE SAQ: 00 895 946) 17,65$

Le viognier est certes l'un des cépages les plus déroutants. On dirait que le citron, les fleurs et les fruits (poires ou pommes) se battent pour le premier rôle en bouche. Au nez, c'est raffiné et frais. Minéral aussi. Celui-là est toujours fiable et vraiment pas cher.