Une image vaut mille mots... n'est-ce pas? Ainsi, on peut fort bien comparer à une photographie (d'un paysage, d'une personne, etc.) la note qui est attribuée à un vin donné, peu importe le système de notation utilisé.

Jacques Benoit LA PRESSE

La photo nous donne une bonne idée de ce qu'est, disons, un certain paysage, mais il faut le voir et le contempler de ses propres yeux pour vraiment s'en imprégner.

Même chose pour la note et le vin concerné!

La note en trace pour ainsi dire le pourtour, c'est une photographie, mais on se doit de goûter le vin en question pour savoir véritablement ce qui en est! Car il y a des photos réussies, d'autres floues...

Or, à ce chapitre, c'est-à-dire en ce qui concerne le fait de noter, ou pas, un revirement spectaculaire, et heureux, vient de se produire.

En deux mots comme en mille: l'excellent dégustateur qu'est Jean Aubry, et auteur du guide annuel des 100 meilleurs vins à moins de 25$, a recommencé à noter les vins! Et ceci, après s'en être abstenu dans les sept éditions précédentes de l'ouvrage.

Il emploie pour cela l'échelle de une à cinq étoiles, avec des demi-étoiles. Et il note dans l'absolu (comme je le fais moi-même, soit dit en passant), le vin étant «évalué par rapport à tous les vins du monde», écrit-il.

Plusieurs autres dégustateurs, comme on sait, jugent qu'il vaut mieux noter les vins selon leur catégorie. Notamment Nadia Fournier, Robert Parker et le Guide Hachette des vins. «Ce faisant, un simple vin courant aura autant de chances qu'un grand cru du Médoc de mériter une note de quatre étoiles», écrit Nadia Fournier dans l'édition 2014 du Guide du vin Phaneuf.

Le Guide des meilleurs vins de France 2014, de la Revue du vin de France, va plus loin puisque les vins y sont notés selon leur catégorie, mais aussi «au sein» de leur millésime.

Enfin, les 50 sommeliers réunis par Jessica Harnois et Alexandre Marchand dans Un sommelier à votre table s'abstiennent de noter les vins et ne font que les décrire.

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2-13 CORRECT

14-15 BON

16-17 TRÈS BON

18-19 EXCELLENT

20 EXCEPTIONNEL

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(de gauche à droite sur la photo)

Eden Valley Pinot Noir Chardonnay Thorn-Clarke, 19,95$ (10 839117)

Vin mousseux rosé, d'Australie, à la robe orangée et aux bulles fines et abondantes, lesquelles forment le cordon au pourtour du verre. Le bouquet est net, avec des nuances de fruits rouges et quelque chose qui rappelle un peu - un peu seulement - les vins de Muscat. De corps moyen, sec, équilibré, ses saveurs sont passablement relevées et il ne manque pas de caractère. Fort bon. 12,5% (122 caisses). Garde: 2013-2014.

15,5

Chablis 2011 Isabelle et Denis Pommier, 26,25$ (11890900)

Le fromage qui ne lasse pas, disent les Suisses du gruyère. Le vin blanc qui ne lasse pas, pourrait-on dire de la même façon du chablis... Celui-ci, d'un bon millésime pour ce vignoble, en est un bel exemple. Le bouquet, plutôt délicat, finement minéral, et typé, est déjà une promesse. Promesse tenue en bouche. Moyennement corsé comme chablis, ses saveurs sont franches, et c'est un vin équilibré, de facture classique, avec la juste dose d'acidité. Vin non boisé, il est élevé en cuves inox. 12,5% (82 caisses). Garde: 2013-2015.

16,8

Bandol 2010 La Bastide Blanche, 26,50$ (10887451)

Corsé, et même puissant, dense, tannique, ce vin rouge provençal a même, en ce moment, une certaine austérité, avec également un petit quelque chose d'un peu animal sans que ce soit dérangeant. Bien coloré sans être opaque, son bouquet est dominé par des nuances de fruits noirs, avec aussi une note chocolatée. Élaboré avec essentiellement du Mourvèdre (73%) et du Grenache (25%), son élevage est mené en foudres. Sérieux. 14,7% (67 caisses). Garde: 2013-2023.

17,5

Champagne 1er cru Driant-Valentin, 49,25$ (12052254)

Superbe champagne d'un petit propriétaire élaboré avec uniquement les fruits de ses propres vignes, et vendu pour la première fois au Québec, d'une belle couleur dorée, son bouquet enchante par son ampleur, sa maturité, ses notes biscuitées délicates. Même maturité en bouche, une bouche goûteuse, harmonieuse, avec beaucoup d'éclat et de complexité. À l'apéritif, mais aussi comme vin de repas. 60% Chardonnay et 40% Pinot noir, l'élevage sur lies, très long, durant cinq ans. Savoureux. 12% (93 caisses). Garde: 2013-2016?

17,5

Pomerol 2010 Moueix, 31,75$ (739623)

Goûté côte à côte avec le Bordeaux 2009 Merlot Moueix (voir la recommandation de la semaine), ce très bon Pomerol, élaboré avec des fruits provenant de divers domaines de la famille Moueix, ne faisait pas paraître ridicule le simple bordeaux. Très proche de ce dernier au plan aromatique (cuir, tabac, mais aussi pruneaux et fruits rouges à l'arrière-plan), son bouquet est toutefois plus ample, plus nuancé, la bouche plus dense, un peu plus que moyennement corsée, sur des tannins aimables. Élevage en fûts de réemploi. Impeccable. 14% (278 caisses). Garde: 2013-2015.

16,5