Vin de tomate: quand la tomate remplace le raisin

L'Omerto sec présente quelque parenté avec le porto,... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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L'Omerto sec présente quelque parenté avec le porto, mais s'en distingue par davantage de vivacité et d'amertume.

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À coup sûr, il fait froncer les sourcils. Du vin de tomate? Un délire venu d'Italie? Que nenni: un nectar issu d'une histoire familiale amorcée en Belgique et concrétisée ici, au Québec, et qui fait aujourd'hui beaucoup parler de lui.

Les origines de ce vin peu commun sont enracinées en 1938, quand l'alchimiste belge Omer Miche, récoltant des tomates à ne plus savoir qu'en faire, tente de les vinifier. Il tâtonnera des années durant. «Il n'a jamais vu le bout du tunnel, et je lui ai promis de continuer ce qu'il avait commencé», se souvient Pascal Miche, son arrière-petit-fils installé au Québec depuis 30 ans. Promesse tenue. En perfectionnant la technique de vinification et en égrenant l'infinie variété de tomates existantes, avec une préférence pour celles importées par les pionniers, il parvient à trouver son Graal à partir d'un assemblage de six sortes de tomates bien précises. Après divers bras de fer avec la SAQ et la Régie des alcools, des courses et des jeux pour faire reconnaître et distribuer son produit, baptisé Omerto, celui qui est aujourd'hui président du Domaine de la Vallée du Bras, à Baie-Saint-Paul, cultive 6000 plants dont il extrait 120 000 litres annuellement.

Des arômes déroutants

Voilà pour l'histoire. Mais la question cruciale demeure en suspens: qu'est-ce que ça goûte? Plusieurs sortes de vins ayant été mises au point, il en résulte une réponse à géométrie variable.

Tout d'abord, l'Omerto sec, qui présente quelque parenté avec le porto, s'en distingue par davantage de vivacité et d'amertume. «Il va avoir un côté agrumes, xérès, saké ou grappa», suggère Pascal Miche, qui le recommande avec des sushis, des huîtres, des plats asiatiques ou indiens à base de gingembre.

Sa robe jaune doré est très agréable à l'oeil, mais son acidité et sa finale franchement amère ne feront pas forcément l'unanimité parmi les dégustateurs.

La version moelleuse, elle, flirte avec la fleur d'oranger, le litchi ou le melon miel, des notes qui s'accorderont plutôt avec des fromages ou, côté sucré, le chocolat blanc. Il est souvent comparé au pineau des Charentes.

Ces deux Omerto, commercialisés à 24,70 $ pour 375 ml dans certaines SAQ, affichent 16 % d'alcool et doivent être servis à 4 °C. Cela dit, nous avons trouvé le sec plus agréable à température ambiante.

Et les accents de tomate? Totalement absents en bouche. «De même que le vin ne goûte pas le raisin, l'Omerto ne goûte pas la tomate», illustre son créateur. Il en veut pour preuve l'anecdote suivante: François Chartier a fait déguster à l'aveugle la boisson à 400 sommeliers japonais, parmi lesquels aucun ne parvint à mettre le doigt sur cette saveur.

Notez qu'il existe également un demi-sec élevé en fût d'acacia, ainsi qu'un moelleux passé en fût de châtaignier et cerisier, jouant plutôt dans la cour aromatique du whisky, du cognac ou de l'armagnac, mais offerts uniquement au domaine.

Oserez-vous le vin de tomate? «C'est la base de la cuisine, tout le monde connaît la tomate, mais jamais sous cet angle ni avec ces arômes», plaide M. Miche.

Recettes et cocktails

De nombreuses recettes ont été mises au point par le créateur de ce curieux vin: fondue de fruits de mer à l'Omerto moelleux, velouté de poireaux à l'Omerto sec...

Il se prête aussi au jeu du cocktail, comme dans le clobber, composé de vin de tomate, de sirop de romarin et de lime.

D'autres recettes et cocktails sont proposés sur le site internet du producteur.

omerto.com/recettes




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