Les vignerons du Québec sont soulagés. Ils pourront continuer d'utiliser le nom «vin de glace», a tranché le gouvernement fédéral vendredi dernier.

Mis à jour le 12 nov. 2012
Karyne Duplessis Piché, collaboration spéciale LA PRESSE

L'appellation «vin de glace» s'est trouvée au coeur d'un débat acrimonieux au cours des derniers mois. En janvier dernier, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a annoncé qu'elle voulait réglementer la production de cette boisson au pays.

Cette nouvelle a provoqué l'ire des producteurs québécois. Ils craignaient que la méthode qu'ils utilisent pour fabriquer ce vin fasse en sorte qu'ils soient exclus de l'appellation.

C'est qu'au Québec, la majorité des producteurs récoltent les raisins après la tombée des feuilles de vigne à l'automne et suspendent les fruits dans des filets placés au-dessus des vignes jusqu'à la vendange hivernale. Dans les autres régions viticoles du pays, on laisse plutôt les grappes geler sur la vigne jusqu'à la récolte.

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Gerry Ritz, a présenté une version révisée de la nouvelle norme de vin de glace à son homologue québécois, François Gendron, la semaine dernière. Bien qu'on ignore encore quels procédés et quelles méthodes de production seront permis dans l'appellation, le ministre québécois se dit convaincu que les vignerons d'ici pourront continuer de l'utiliser.

«L'important, c'est que le raisin soit gelé de manière naturelle sur la vigne, explique l'attaché de presse du ministre Gendron, Maxime Couture. Par la suite, ça n'exclut pas le procédé utilisé par le Québec et ça respecte comment s'est fait dans le reste du Canada.»

Une première étape

Le président de l'Association des vignerons du Québec, Charles-Henri de Coussergues est soulagé de la tournure des événements. Mais le vigneron ne crie pas victoire, du moins pas tant qu'il ne prendra pas connaissance des détails de la nouvelle norme fédérale.

«C'est bon que le fédéral s'en tienne à la définition de "gelé naturellement dans la vigne", dit-il. Mais on ne sait pas encore si ce sont les autorités provinciales qui vont gérer cette définition. On ne connaît pas non plus le contenu exact du cahier des charges.»

Le cahier des charges détaillera les procédés de production permis par les autorités canadiennes. Le fédéral publiera les «détails» de cette nouvelle définition dans les semaines à venir, a confirmé l'ACIA.

Charles-Henri de Coussergues espère que le Canada donnera à chacune des provinces la tâche de mettre en place un cahier des charges propre aux méthodes pratiquées par leurs vignerons.