Chic, le vin chaud? Le grog? Plutôt ringard, oui! Pas nécessairement...

Silvia Galipeau LA PRESSE

C'est du moins le défi que souhaite relever Fabien Maillard, mixologue et propriétaire du LAB, comptoir à cocktails, en revisitant certains classiques plus ou moins démodés, pour les remettre au goût du jour. Pour quoi faire? Pour se réchauffer, pardi!

«C'est la saison, il fait froid, on a besoin de quelque chose pour nous réchauffer», expliquait la semaine dernière le mixologue, lors du lancement de sa nouvelle carte, mettant en vedette, tenez-vous bien: des cocktails chauds!

 

Il faut dire que le mixologue nous a déjà habitués à des créations plutôt originales. Son bar, situé sur l'avenue Rachel, respire l'originalité. Au sens propre. Il suffit en effet d'y poser un pied pour y respirer des arômes insoupçonnés. Non, vous n'avez pas la berlue, personne ne s'est trop parfumé ici ce soir, ce sont bel et bien des odeurs d'épices que vous sentez-là: cannelle, cardamome, et pourquoi pas du géranium?

Mais revenons à nos cocktails... chauds. Trois nouvelles créations sont désormais au menu. Le premier: le Fish House Grog, un grog donc, à base de rhum, brandy, et, surprise, du jus de citron, du cordial à la fleur de Sureau et de l'essence de gingembre, un mélange très parfumé et un poil épicé, servi non pas dans une grosse tasse à café, mais dans une chic flûte à champagne, «pour lui donner un côté plus contemporain», raconte le mixologue.

Le deuxième: Grappe Tube Baby, à base de vin chaud (Syrah-Malbec), ratafia à la cerise de terre, essence de cardamome, cannelle râpée, sirop de caramel et une goûte d'amer Fee Brother. À la fois épicé et sucré, le tout est servi «pour le côté funky» avec un Carambar, dans un verre à Martini cette fois.

Le troisième et probablement le plus floral de tous: le Sweet Rosat, un mélange surprenant de vin blanc chaud, de liqueur de Scotch, de jus d'orange, de cordial à la rose et d'essence de géranium, servi, à nouveau, dans une flûte.

À noter: d'autres nouveautés sont aussi au menu, notamment des mélanges chauds-froids surprenants (le Mexican Toffee: sorte de margarita recouverte de mousse de café - audacieux), une vaste sélection de cocktails à l'absinthe (rebaptisée ici «lab sainte»), même des cocktails flambés (dont la préparation est un véritable spectacle en soi).

Verdict? C'est évident, le cocktail chaud ne se boit pas comme un cocktail froid. Il se sirote. Se déguste. Tranquillement. Étrangement, il semble plus alcoolisé (même s'il n'en est rien). Vrai, sa chaleur surprend. Et ne fera certainement pas que des adeptes. Mais après une journée de plein air, pour se réchauffer un coup, pourquoi pas?

Cocktails chauds au LAB, 1351, avenue Rachel Est.