L'iPhone 5 d'Apple a connu un premier week-end de vente spectaculaire: l'appareil à écran de 4 pouces et connexion LTE s'est écoulé à 5 millions d'exemplaires en deux jours à peine. La fermeture d'une usine de son principal fournisseur et les ratés de son nouveau logiciel iOS 6 amènent cependant certains investisseurs à douter qu'Apple puisse garder le rythme d'ici Noël.

Alain McKenna, collaboration spéciale LA PRESSE

Hier matin, des utilisateurs du réseau social chinois Weibo ont publié photos et vidéos d'une émeute impliquant des employés de l'usine de la société Foxconn qui fabrique le boîtier en aluminium de l'iPhone 5. Foxconn a dû fermer son usine temporairement.

Les analystes sont positifs

Tim Cook, PDG d'Apple, a annoncé peu après qu'une partie des livraisons d'iPhone 5 seraient reportées à octobre, sans préciser si son fournisseur était en cause. «Nous travaillons fort pour fabriquer suffisamment d'iPhone 5 pour tout le monde», a-t-il déclaré, se félicitant pour les ventes déjà réalisées, 2 millions d'entre elles étant des précommandes faites à partir de l'internet.

Ça n'a pas rassuré les marchés. L'action d'Apple a reculé de 1,33%, hier, à 690,79$ au NASDAQ.

La majorité des analystes demeurent néanmoins positifs. Dans les circonstances, les chiffres publiés par Apple sont la preuve que les acheteurs font confiance «de façon anormale» à la marque, note Avi Greengart, de Current Analysis, au New Jersey. «Au fil des dernières années, Apple a bâti une relation telle avec ses clients que 5 millions d'entre eux étaient prêts à précommander ou à passer des heures à faire la file en vue d'acheter un iPhone 5 sans même l'avoir vu», dit-il.

Un retard de livraison inquiétant

D'autres se montrent plus inquiets. La firme Barclays tablait sur des ventes de 8 à 10 millions d'iPhone 5 d'ici la fin de la semaine, et de plus de 50 millions d'exemplaires d'ici Noël, une fois que les ventes seront élargies à 20 pays de plus que les 9 initialement ciblés, dont le Canada et la France.

Un nouvel échéancier de livraison trop flou pour les mois à venir, les plus importants de l'année pour les fabricants d'appareils électroniques, fait dire à Ben Reitzes, analyste chez Barclays, qu'«Apple fait face à des contraintes de production significatives» qui risquent de toucher ses ventes au moins d'ici la fin de 2012.

Pour la suite, l'analyste tempère tout de même les premières réactions négatives liées au nouveau système iOS 6, déjà installé par 100 millions de propriétaires d'iPod, d'iPhone et d'iPad dans le monde, selon Apple. «Les inquiétudes à propos du logiciel et de l'application de cartographie se révéleront probablement exagérées à plus long terme», observe-t-il, en réaffirmant le cours cible de 810$US fixé par sa firme pour l'action d'Apple.