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Avec ou sans BlackBerry ?

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Virginia Galt, The Globe and Mail
La Presse

Des universitaires canadiens se questionnent sur l'opportunité de limiter l'usage des appareils de communication portatifs.

La plupart des gens admettent aujourd'hui que l'utilisation du BlackBerry au volant peut nuire à la conduite.

Toutefois, comme se plaît à le dire un résidant des Prairies, accro à son appareil: «Au moins, ici, il n'y a pas beaucoup de circulation sur les routes.»

Un autre usager du BlackBerry, interrogé par une équipe de chercheurs de l'Université Ryerson, à Toronto, avoue lire envoyer des messages électroniques d'ordre professionnel pendant qu'il conduit. Mais, insiste-t-il, «c'est beaucoup mieux que ce que je faisais avant: parler au téléphone tout en tapant sur mon portable».

Un troisième participant à l'étude ajoute : «Pour ma défense, j'attends habituellement d'arriver à un panneau d'arrêt ou à un feu (avant de consulter mes courriels).»

Alors que de plus en plus de Canadiens restent électroniquement connectés à leur travail, les opinions divergent quant à savoir si tout cela est sain pour eux, écrivent les professeures Catherine Middleton et Wendy Cukier dans un article publié récemment et intitulé «Le gestionnaire de courriels portable est-il fonctionnel ou dysfonctionnel? Deux perspectives sur l'utilisation du gestionnaire de courriels portable.»

«L'utilité (de ces appareils) est globalement admise. Je ne pense pas que quiconque remette en cause le fait qu'il peut être utile d'avoir accès à ses courriels quand on se retrouve dans une zone éloignée, dit la professeure Middleton, spécialiste de la gestion des technologies et de l'innovation. Mais devrait-il y avoir des limites, devrait-il y avoir des moments où l'appareil reste éteint, devrait-on tenir des réunions au lieu de consulter son BlackBerry sur le pas de la porte?»

En compagnie de Wendy Cukier, une professeure d'études commerciales spécialisée dans l'analyse des nouvelles tendances technologiques, M. Middleton a interrogé à fond 11 gros utilisateurs d'appareils de communication portatifs qui leur permettent de rester branché sur le travail à n'importe quel endroit ou moment – ou, comme affirment plutôt les critiques, «partout et tout le temps».

Dans leur article, publié dans l'European Journal of Information Systems, les deux universitaires expliquent que les participants à leur étude ont décrit sans pudeur leur «habitudes d'utilisation dysfonctionnelle», au volant, en pleine réunion, à la maison ou en vacances avec la famille.

«Mais ils ont (aussi) démontré de façon convaincante que leurs appareils de communication portables étaient hautement fonctionnels, leur permettaient d'être efficaces, de mener plusieurs tâches de front sans interruption et de répondre immédiatement aux messages, et leur accordaient la liberté de travailler où ils voulaient», écrivent-elles.

Mme Middleton indique que les organisations sont si entichées de ces technologies que peu se soucient des inconvénients potentiels.

«Il est important que les organisations évaluent si ces appareils accroissent réellement la productivité, dit Mme Middleton. Les gens disent ne pas pouvoir être à deux endroits au même moment, ce qui est vrai, mais ils ne sont pas vraiment efficaces à aucun endroit.»

Rester branché quand on est à l'extérieur du bureau et consulter son courrier en privé est une chose, dit Mme Middleton. Mais les usagers compulsifs ne peuvent résister à l'envie de lire et d'envoyer des messages – même quand ils sont au travail, en pleine réunion ou en train de discuter avec des collègues.

Toutefois, la «position de prière» caractéristique de l'usager du BlackBerry – épaules voutées et pouces dansant furtivement sous la table – indique sans équivoque à l'entourage que le courriel en cours de rédaction est de loin plus important que tout ce qui peut se passer dans la pièce, dit-elle.

Outre qu'il s'agit d'une marque d'impolitesse, cette «attitude d'absence-présence» qui fait que l'utilisateur est présent de corps, mais pas d'esprit, provoque des retards et des interruptions. Quand plusieurs personnes se réunissent pour discuter d'une affaire, le flot des idées finit par s'essouffler quand un ou plusieurs participants se murent derrière leur BlackBerry, dit Mme Middleton.

Les participants à l'étude de l'Université Ryerson adorent leurs appareils et disent n'en pas être prisonniers. Ils leur confèrent plutôt un sentiment de liberté.

Mais tous ne sont pas des bourreaux de travail et ne se réjouissent pas de cette disponibilité permanente, dit Mme Middleton.

«Bien que le gestionnaire de courriels mobile comporte de nombreux avantages, nous estimons qu'il faudrait reconnaître et prévenir les dysfonctions potentielles de son usage afin de créer un meilleur environnement de travail pour tous», écrivent Wendy Cukier et Catherine Middleton. Il faudrait resserrer le cadre de son utilisation, arguent-elles.

«Comment distinguer les pratiques professionnelles nécessaires de celles qui sont dangereuses, empiètent sur les moments et lieux de loisir, perturbent la production ou sont antisociales?»




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