Le « trouble du jeu vidéo » est désormais considéré comme une maladie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une décision qui réjouit la Direction de santé publique (DSP) de Montréal.

Jeiel Onel Mézil LA PRESSE

« Cela va nous faciliter la tâche et mieux nous aider à expliquer et à faire comprendre ce problème », a déclaré à La Presse le coordonnateur du comité régional de prévention sur les jeux d'argent et les dépendances à la DSP de Montréal, Jean-François Biron.

M. Biron souligne que la décision de l'OMS met désormais l'accent sur le problème de la dépendance à un moment où l'opinion publique ratisse large et parle beaucoup plus de la cyberdépendance.

« Ce qui est souvent véhiculé dans les médias, c'est la cyberdépendance. Le problème, c'est qu'on peut faire tellement de choses avec les écrans. Cette décision vient mettre le focus sur un phénomène particulier. »

En matière d'actions, Jean-François Biron affirme que l'annonce de l'OMS n'aura pas un impact important sur le programme de la DSP concernant la lutte contre la dépendance au jeu vidéo. « Ça fait déjà un certain temps que l'impact des écrans [écrans de téléphone, d'ordinateur, NDLR] est sur notre radar, a-t-il précisé. On a déjà développé des ateliers de dépendance aux écrans dans les écoles de Montréal. On amène les jeunes à réfléchir sur les problèmes de la dépendance. »

Une désignation en vigueur dès juin 2018

Le « trouble du jeu vidéo » sera ajouté à la liste de la Classification internationale des maladies (CIM) en juin 2018. Publiée pour la 11e fois, cette classification est le résultat du travail d'experts de la santé dans le monde entier.

Actuellement, les spécialistes de la santé définissent le concept de « trouble du jeu vidéo » comme étant « un comportement lié aux jeux vidéo sur internet ou hors ligne, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité croissante accordée au jeu par rapport à d'autres activités, au point qu'il prenne le pas sur d'autres centres d'intérêt », a dit un porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, dans une conférence de presse rapportée par l'AFP.

Les experts de l'agence onusienne croient que le diagnostic de « trouble du jeu vidéo » peut être concluant seulement si l'individu a montré des signes de dépendance anormale au jeu pendant au moins un an.

- Avec l'Agence France-Presse