Premier jeu réalisé par le tout jeune studio Ubisoft Toronto, Splinter Cell Blacklist remet en scène Sam Fisher avec un titre qui pige dans ses racines furtives avec soin et jongle avec ses aspirations de jeu d'action.

Kevin Massé LA PRESSE

Doit-on y jouer?

Non : pour son scénario archi-classique

Une nouvelle cellule terroriste, nommée les Ingénieurs, vient de mettre la main sur la fameuse blacklist, une liste qui indique où les troupes américaines sont dispersées dans le monde. Elle demande le retrait de ces troupes, sinon, il y aura des conséquences mortelles chaque semaine. Sam Fisher et son équipe partent donc à la chasse aux Ingénieurs à bord du Paladin, avion militaire à la fine pointe de la technologie. Cette ambiance de course contre la montre remet brillamment Fisher en selle, mais s'enlise dans un récit classique dont les surprises se font rares.

Oui : pour sa jouabilité furtivité/action bien équilibrée

Nous nous souvenons de Splinter Cell : Conviction (2010) comme étant le penchant le plus « action » de la série. Il n'avait pas fait l'unanimité, car il avait dilué les bases furtives de la série. Il semblerait que, cette fois, c'est la bonne. Même si nous doutons qu'il soit possible de réaliser tous les tableaux sans affrontement, Blacklist permet de jouer comme bon nous semble. Lancez-vous tête baissée et tirez comme McClane dans Die Hard ou longez les murs et tapissez-vous dans l'ombre comme un ninja. Sam Fisher a peut-être atteint la cinquantaine, mais il a l'expérience et l'agilité d'une panthère.

Oui et non : pour sa jouabilité généreuse et les contraintes qu'elle apporte

Gadgets, armes principales, armes secondaires, armes spéciales, ainsi que le Paladin et tout son équipement, des lunettes de vision aux souliers, tout ce qui entoure Fisher peut être amélioré. Cela nous permet de partir en mission avec différents équipements selon notre style de jeu. Les niveaux sont ouverts, proposent des chemins de rechange et offrent tous des environnements variés. Sans compter les effets spéciaux, bien réalisés. Cependant, les textures ne sont pas au niveau de cette fin de génération et la cadence d'image est marquée par plusieurs ralentissements. Du moins, sur PS3.

Oui : pour le retour du mode « Spies Vs. Mercs »

Les joueurs ayant apprécié le deuxième volet de Splinter Cell, Pandora Tomorrow, seront heureux du retour du fameux mode multijoueur Spies Vs. Mercs. Les Spies doivent pirater des terminaux et se jouent comme Fisher, tandis que les Mercs doivent les protéger et ont une vue à la première personne comme les jeux de tir traditionnels. Ces derniers sont équipés d'une arme puissante. L'objectif est simple, mais le défi n'en est pas moins dynamique, stressant et amusant. Un mode Blacklist quatre joueurs contre quatre s'ajoute au classique deux joueurs contre deux. Inutile de préciser que cela donne des joutes encore plus trépidantes, surtout entre amis.

Doit-on y jouer ?

Oui

Malgré le sentiment que Blacklist reste perfectible, il n'en reste pas moins le volet le plus complet de la série. Une campagne solo d'une dizaine d'heures, des campagnes secondaires solos et coopératives et le fameux mode Spies Vs. Mercs promettent une durée de vie considérable. La prise en main est immédiate et il est impossible de ne pas s'y amuser, puisque le choix entre action et infiltration relève de nous. Nous regrettons cependant l'approche furtive plus posée des premiers titres. Ici, Fisher n'a plus de temps à perdre, les ennemis sont plus nombreux et, parfois, sortir de l'ombre est la seule solution.

***1/2

Concepteur : Ubisoft Toronto

Éditeur : Ubisoft consoles : PC, PS3, Wii U, Xbox 360

Cote : M (17+)