Les amateurs de jeux vidéo sont des consommateurs passionnés mais exigeants. Le premier Dragon Age, paru en novembre 2009, avait su conquérir leur coeur. Ils attendaient donc la suite avec impatience. Dragon Age II, en vente depuis peu, est plutôt bien construit, mais ses faiblesses sont un brin trop irritantes pour passer inaperçues. Elles risquent de rebuter les joueurs plus exigeants.

Publié le 25 mars 2011
Félix Locas, collaboration spéciale LA PRESSE

Le jeu de rôles et d'aventure Dragon Age II, que La Presse a testé sur PC, propose au joueur d'être aux commandes d'un héros et d'une poignée de compagnons. Seules trois classes de personnages sont offertes (voleur, mage et guerrier), mais chacune d'elle se décompose en plusieurs branches de spécialisations. Ainsi, deux personnages de même classe peuvent avoir des rôles totalement différents.

De nombreuses aventures attendent le participant, à travers une campagne bien dense, de quelques dizaines d'heures de jeu au minimum. Toutefois, à travers toutes ces quêtes et requêtes, ces embuscades et ces échauffourées, une étrange impression de vide demeure.

Contrairement au premier Dragon Age ou à Mass Effect 2, du même concepteur, le scénario de ce deuxième opus manque d'intensité et de rythme. Sans être mauvaise, la trame narrative du jeu s'avère diffuse et peu prenante. Le premier Dragon Age était épique: le joueur avait l'impression, dès le début, de prendre part à quelque chose de grandiose, de fantastique. C'est loin d'être aussi réussi dans ce second chapitre.

Les amateurs de la série retrouveront néanmoins l'excellente expérience de jeu à laquelle ils ont été habitués. Un joueur peut définir des tactiques pour ses compagnons, qui exécuteront des actions précises en fonction de l'évolution du combat. Un autre joueur peut quant à lui décider de prendre le plein contrôle de ses personnages et de sélectionner leurs actions une à une, pour des stratégies plus raffinées. Cette grande liberté, qui peut transformer complètement l'expérience de jeu, est toujours aussi appréciable.

En revanche, les options de gestion d'équipement de Dragon Age II ont été considérablement limitées. Les pièces d'armure des aventuriers secondaires ne peuvent tout simplement plus être changées. On appréciera ou non cette décision de BioWare, qui avait pour objectif de simplifier la gestion de l'équipement; c'est une question de goût. Une chose est sûre: cette simplification des règles permet de gagner du temps. Plus d'action, moins d'«entretien».

Du point de vue graphique, Dragon Age II est plus beau que son prédécesseur, mais tout de même moins surprenant et fluide que son cousin, Mass Effect 2. Les décors plairont à ceux et celles qui prennent le temps de s'y attarder, mais manquent néanmoins de vie et de diversité. Par ailleurs, même les propriétaires de PC puissants peuvent s'attendre à quelques ralentissements ici et là.

Vu qu'au final, l'expérience de Dragon Age II s'avère bonne et prenante, on pardonnera plus facilement à ce jeu son scénario mystérieusement creux. Nombreux sont les joueurs qui apprécieront ce chapitre et en redemanderont, mais le caractère épique du premier Dragon Age nous manque déjà.

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Concepteur :

BioWare

Éditeur :

Electronic Arts

Plateforme : PC, PS3 et Xbox 360

Cote : M (17+)