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Le Game Boy fête ses 20 ans

Le Game  Boy Micro de Nintendo... (Photo Reuters)

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Le Game Boy Micro de Nintendo

Photo Reuters

Karyn Poupee
Agence France-Presse
Tokyo

Il y a 20 ans, le 21 avril 1989, sortait dans le commerce la première console de jeu vidéo de poche à cartouche interchangeable, le Game Boy du japonais Nintendo, une révolution pour les enfants de l'époque et un tremplin pour l'industrie du divertissement.

Lorsqu'en ce printemps 1989, en pleine période délirante de bulle financière et immobilière, le Game Boy fut lancée au Japon, les jeunes Nippons étaient déjà des férus de jeux sur TV grâce à Nintendo et à sa console de salon «Famicon» arrivée dans les foyers en 1983.

Pouvoir trimbaler leur nouvel amusement high-tech favori était le rêve des gamins d'alors. La firme de Kyoto fut la première à le réaliser.

Le Game Boy, vendue 8 000 yens à l'époque (100 $ CAN actuels), c'est «35 heures de jeu dans la poche avec quatre piles bâtons», clamait la publicité.

«Les enfants étaient tellement contents de pouvoir jouer dans le train entre la sortie de l'école et les obligatoires cours privés du soir», se souvient Hirokazu Hamamura, PDG d'Enterbrain, société d'édition spécialisée.

Auparavant Nintendo proposait déjà des petits jeux électroniques très simples, appelés Game & Watch, mais il était impossible d'en changer le contenu.

«Si Nintendo a devancé les autres sur ce terrain, c'est que la firme appartenait, et depuis des décennies, à l'univers du jeu de société. Elle connaissait le jeune public, ce qui n'était par exemple pas le cas des groupes d'électronique comme Sony qui, eux, avaient l'habitude de s'adresser aux adultes», analyse M. Hamamura. Sony avait pensé à la musique en balade (avec le Walkman, lancé en 1979), mais pas au jeu nomade.

Avec le Game Boy, dont le nom est à jamais associé au jeu Tetris (puzzle casse-tête indémodable) ou aux aventures interminables de Pikachu et de sa clique de Pocket Monsters, sont nés et ont prospéré les studios de développement.

«A l'origine, les jeux vidéo sur TV étaient essentiellement des formes de combat ou de match entre deux joueurs ou contre la machine, mais avec le Game Boy et Tetris, le type de mission a commencé à évoluer», et plus encore ensuite avec les aventures de personnages comme la saga des Pokemon, détaille M. Hamamura.

La famille de consoles Game Boy (qui comprend aussi les versions «pocket», «lite» et «color») s'est écoulée à quelque 118 millions d'unités. A ce record s'ajoutent quelque 82 millions d'unités de la génération suivante, la série «Game Boy Advance».

Quant au nombre de cartouches vendues, il se chiffre en milliards.

2009, vingt ans plus tard, la bulle a éclaté, la crise a frappé, mais le même Nintendo continue de se jouer de la conjoncture. Il fait toujours la course en tête sur le marché des machines portables, même si Sony est aujourd'hui aussi de la partie avec la PSP.

Célèbre également pour avoir créé la figure indéboulonnable du plombier Mario, Nintendo a de nouveau métamorphosé le monde du jeu en 2004 avec la DS, modèle inaugural d'une série de consoles portable à deux écrans (dont un tactile) qui se sont déjà arrachées à plus de 100 millions d'unités dans le monde.

«Nintendo a toujours gardé la même philosophie: divertir la famille. Mais en 20 ans, la firme a élargi à la fois l'offre de jeux avec des titres ludo-éducatifs, et le public, en convertissant même les adultes», conclut M. Hamamura.

Aujourd'hui, dans les métros de Tokyo, il n'est pas plus bizarre de voir un adulte de 45 ans qu'un môme de 10 ans s'exciter sur une DS.

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