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À la défense des jeux vidéo

Le jeu Fable II... (IGN.com)

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Le jeu Fable II

IGN.com

Diabolisés par les médias, les jeux vidéo sont souvent accusés de tous les maux. Ils rendraient nos enfants agressifs, violents, obèses et pourquoi pas, analphabètes. Or voilà qu'un chercheur français nous arrive avec une thèse tout à fait inusitée, pour le moins osée: et si les jeux vidéo pouvaient aussi aider les jeunes à mieux intégrer le monde demain? Un discours à garder en mémoire, notamment pendant les Fêtes, quand fiston sera scotché nuit et jour à sa console...

Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, signe un ouvrage pour le moins surprenant par les temps qui courent. Qui a peur des jeux vidéo? dans la collection Questions de parents, chez Albin Michel, déboulonne bien des mythes et avance de nouvelles théories sur l'intérêt de ce divertissement. Compte rendu d'un entretien rassurant.

 

Q: Vous êtes psychiatre. Pourquoi avoir écrit un livre sur les jeux vidéo?

R: Notamment parce que j'entends beaucoup de manifestations d'inquiétude par rapport aux jeux vidéo. Or, il est important que les parents s'y intéressent pour éviter une fracture générationnelle. (...) Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, il nous est possible, grâce aux jeux vidéo, d'être spectateurs de nos propres actions. Il faut comprendre que grâce à cela, les jeux vont accaparer de plus en plus le monde de la formation des entreprises et de l'éducation. Nous sommes à l'aube des serious games. Par ailleurs, les jeux permettent de plus en plus d'avoir plusieurs identités, plusieurs rôles. La relation traditionnelle à l'identité est bouleversée, tout comme chez les jeunes d'aujourd'hui, qui entrevoient plusieurs vies (vie de couple, plus grande mobilité professionnelle, etc.).

Q: Vous écrivez que le jeu vidéo a une valeur initiatique. Comment?

R: Aujourd'hui, les adultes ne proposent plus de rituels initiatiques pour permettre aux jeunes de cesser d'être des enfants (...). Mais les jeunes ont quand même besoin de se repérer par rapport à leur identité. (...) Alors beaucoup de ces rituels se développent dans le virtuel. Le jeune ne peut être intégré dans un groupe d'amis que s'il a acquis un certain niveau dans un certain jeu. Les jeunes ne demandent pas un jeu vidéo pour avoir du plaisir, c'est du travail! Ils veulent un jeu pour pouvoir dire: je l'ai terminé. Mieux vaut donc acheter les jeux auxquels jouent les copains.

Q: Vous écrivez aussi que le jeu vidéo permet de se construire et d'apprendre, une connaissance essentielle au monde de demain. Comment?

R: Les jeux vidéo sont des jeux comme les autres. Ils ont pris le relais des jeux traditionnels. On ne s'affronte plus aux cartes, ou aux voleurs au parc, mais aux jeux vidéo. Cela permet de vivre et de maîtriser ses angoisses, d'anticiper le comportement de l'autre, tout comme dans les jeux traditionnels. Deux caractéristiques sont nouvelles et importantes: l'encouragement constant, le développement de l'acuité visuelle et de la coordination oeil-main. Les jeux vidéo favorisent en outre le travail en équipe (en jouant en réseau ou à deux sur une console), on ne peut souvent plus avancer que si on se coordonne. Dans la vie réelle, le travail est lui aussi collectif.

Q: Récemment, la revue Pediatrics a conclu que jouer à des jeux violents augmentait de façon significative les comportements violents. Qu'avez-vous à dire à cela?

R: Il y a un débat dans la communauté des experts, mais aucune étude n'a été à ce jour concluante. Il faudrait étudier des joueurs de 7 et 8 ans, et les suivre deux ou trois ans plus tard. Personne, à ce que je sache, ne l'a fait. Chose certaine, si un enfant est violent, il va probablement trouver dans le jeu vidéo une légitimation de sa violence. Une légitimation qu'il va aussi trouver dans les films violents. C'est l'impact des images violentes au sens large qui est préoccupant.

Q: Si notre enfant ne joue qu'à des jeux archiviolents, faut-il s'en préoccuper?

R: Oui, bien sûr. L'attitude de l'entourage est fondamentale. Il faut s'en préoccuper. Tout en gardant l'oeil ouvert: est-ce qu'il joue avec d'autres, est-ce que ses copains jouent aussi, est-ce qu'il joue à d'autres jeux, est-ce qu'il joue violent après ses cours, pour se vider la tête de la tension de l'école, et en soirée, à des jeux plus tranquilles? Ces nuances sont très importantes.

Q: Comment faire, finalement, pour que l'enfant ne développe pas une accoutumance aux jeux?

R: Mieux vaut prévenir. Dès que le jeune va sur l'internet, on a un logiciel de contrôle parental, et on minute son temps. À 22h, on coupe la connexion. Comme ça, à 14 ans, il aura grandi avec ça. Si vous attendez que le jeune soit un joueur compulsif pour couper la nuit, malheureusement, c'est vous qui aurez à gérer sa crise.

 




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