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La Chine, porte de l'internet nord-coréen?

La cyberattaque subie par Sony, dont les États-Unis accusent Pyongyang, suivie... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Benjamin HAAS
Agence France-Presse
PÉKIN

La cyberattaque subie par Sony, dont les États-Unis accusent Pyongyang, suivie de la longue paralysie de l'internet nord-coréen suscitent de multiples spéculations sur le rôle de la Chine, unique intermédiaire entre le réseau du pays ermite et le reste du monde.

Les États-Unis accusent Pyongyang d'être responsable de l'attaque contre Sony Pictures, qui a conduit la société à annuler dans un premier temps la sortie de sa comédie sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-Un.

Le FBI a imputé cette cyberattaque, revendiquée par le groupe de pirates informatiques GOP (Guardians of Peace), à la Corée du Nord, qui a nié toute implication.

Mais si la responsabilité du pays ermite concentre l'attention, nombre d'analystes estiment que des pirates nord-coréens n'auraient pu agir sans la bienveillance, voire l'appui jusqu'à un certain point, de la Chine, principal allié et soutien économique de Pyongyang.

Pirates nord-coréens en Chine?

Ainsi, pour les quatre réseaux internet dont dispose la Corée du Nord, tout le routage passe par China Netcom, filiale du géant chinois des télécommunications China Unicom. Et certaines estimations font état de «milliers» de pirates nord-coréens basés en Chine même.

Washington a d'ailleurs proposé à Pékin de mener une enquête conjointe et «demandé sa coopération», a confié un haut responsable de l'administration américaine à l'AFP.

«Les capacités de connexion à l'internet en Corée du Nord sont très limitées, vu le nombre d'adresses IP (numéro d'identification d'un appareil connecté) dans le pays» - à peine plus d'un millier, contre 200 millions au Japon-, explique Masahiko Iimura, porte-parole de la société de sécurité LAC. D'où la nécessité de s'appuyer au réseau chinois.

Interrogé par l'AFP, un responsable de China Unicom a indiqué, sous couvert d'anonymat, qu'il n'avait «aucune information qui puisse être rendue publique» à propos de la coupure d'internet en Corée du Nord.

De son côté, la Corée du Sud a accusé à de multiples reprises Pyongyang d'être responsable de cyberattaques visant son gouvernement, ses banques, infrastructures énergétiques ou encore des médias, s'attirant de furieux démentis nord-coréens.

Une enquête est en cours pour déterminer si Pyongyang est derrière une récente cyberattaque contre l'opérateur sud-coréen des centrales nucléaires. Les enquêteurs ont déjà établi qu'un attaquant avait utilisé une adresse IP basée à Shenyang, une ville chinoise proche de la frontière nord-coréenne.

Pour Lim Jong-In, expert en cybersécurité pour la Korea University, la Corée du Nord compte environ 6000 pirates informatiques, ce qui en ferait «l'un des cinq premiers pays dans le monde» en termes de capacités de guerre cybernétique.

Avertissement chinois?

Beaucoup opéreraient dans des villes du nord-est de la Chine frontalières de la Corée du Nord, comme Dandong, a ajouté M. Lim. Le cas échéant, les autorités chinoises pourraient difficilement en ignorer l'existence.

Et quand les connexions internet nord-coréennes ont été totalement interrompues lundi, c'est vers la Chine que les regards des experts se sont tournés.

Complètement dépendante de la Chine pour son accès à l'internet, la Corée du Nord a irrité Pékin ces dernières années par son imprévisibilité, son programme nucléaire et sa rhétorique belliqueuse.

Pourtant alliés, les dirigeants des deux pays, le président chinois Xi Jinping et Kim Jong-Un, se battent froid et aucune rencontre n'a eu lieu entre eux depuis leur arrivée au pouvoir.

Certains analystes estiment ainsi que pour la Chine, «débrancher la prise» pendant quelques heures pourrait donc avoir été un moyen d'«envoyer un avertissement» à Pyongyang, tout en offrant un gage de bonne volonté aux États-Unis - où cinq militaires chinois sont inculpés d'espionnage industriel.

«Spéculations éhontées»

«Cela pourrait fort bien être la Chine. Elle peut couper l'accès quand elle veut», relève ainsi James Lewis, chercheur du Center for Strategic and International Studies de Washington.

Mais l'hypothèse reste toutefois improbable à ses yeux: «La Chine a aussi d'autres moyens de faire part de son mécontentement» à son voisin, souligne-t-il, préférant voir la main d'un groupe de cyberpirates-activistes, avant celle de la Chine, suspect numéro deux.

Pékin a éludé ces derniers jours toute question relative à l'origine de la panne nord-coréenne, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mme Hua Chunying, se bornant à répéter que «la Chine s'oppose à toute forme de cyberterrorisme».

Et, dans un éditorial, le quotidien officiel Global Times a balayé toute responsabilité de Pékin: «Des spéculations éhontées, qui ne méritent même pas notre attention».




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