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Facebook montre les muscles face à YouTube

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Si YouTube reste largement le premier acteur de la vidéo sur internet dans le monde, Facebook avance à pas de géant et la filiale de Google montrerait des signes de fébrilité.

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Tupac POINTU
Agence France-Presse
Paris

Longtemps seul en tête sur le marché de la vidéo en ligne, YouTube a récemment vu apparaître un concurrent de taille: Facebook. Désormais, le plus grand réseau social au monde met les bouchées doubles pour ne pas laisser échapper ce format florissant et la publicité qui l'accompagne.

Début 2014, les vidéos publicitaires ont fait leur apparition sur le fil d'actualités des utilisateurs de Facebook, qui revendique à présent 1,3 milliard d'utilisateurs.

Pour gonfler l'usage de la vidéo et cette nouvelle forme de publicité, Facebook a conçu le format «auto-play» : lorsque l'utilisateur parcourt son fil d'actualités, les vidéos, qu'elles soient réalisées par un proche, un professionnel (chaîne télé, médias, etc.) ou un annonceur (publicité), démarrent automatiquement, mais sans le son.

«Nous avons conçu ce produit pour favoriser la découverte. Nous pensons que notre ADN est de mettre des contenus face à des personnes qui ne songeaient même pas à les regarder», explique à l'AFP Fidji Simo, la responsable de la vidéo chez Facebook.

Ainsi, en fonction des centres d'intérêt de l'internaute et de son appétit pour la vidéo, plus ou moins de contenus seront mis en avant par l'algorithme de Facebook.

«On s'est rendu compte que lorsque l'internaute devait cliquer sur play (comme sur les autres plates-formes vidéo, NDLR), cela constituait une barrière pour découvrir ce contenu», ajoute-t-elle, de passage à Paris cette semaine pour la conférence LeWeb.

Résultat? Un milliard de vidéos vus par jour dans le monde et une progression de 50 % entre mai et juillet.

Signe de ce grand afflux vers la vidéo: selon une étude de l'équipementier en télécoms américain Cisco, publiée cet été, la vidéo devrait représenter 79 % du trafic internet en 2018, contre 66 % en 2013.

Fort de son audience planétaire, le géant de Menlo Park, où se trouve le siège de Facebook, pousse, à travers des conseils et des outils dédiés, les producteurs de contenus (studios cinéma, télévisions, «Youtubers»...) à diffuser également sur le réseau leurs extraits de vidéo (dans la limite de 20 min).

Pas de géant

Ainsi, la chaîne américaine ABC News a lancé début décembre, uniquement sur Facebook, un module vidéo condensant l'actualité du jour en une minute. Autre exemple mis en avant par le réseau social, la bande-annonce pour le film Fast and Furious 7 qui a récolté 100 millions de vues sur Facebook en 48 heures contre 18 millions sur YouTube.

En face, la plate-forme vidéo de Google se veut sereine avec son milliard de visiteurs uniques par mois et ses centaines d'heures de vidéo mises en ligne chaque minute.

Autre différence de taille, YouTube partage la moitié de ses revenus liés à la publicité avec les producteurs de contenus, ce qui n'est pas encore le cas de Facebook.

«On se réjouit de voir le dynamisme de la vidéo en ligne. On voit cela comme un marché qui grandit et dans lequel il y a de la place pour tout le monde. Cela nous force à continuer d'innover et à proposer à nos partenaires des modèles différents», déclare à l'AFP Hélène Barrot, porte-parole de Google France.

Il n'empêche, si YouTube reste largement le premier acteur de la vidéo sur internet dans le monde, Facebook avance à pas de géant et la filiale de Google montrerait des signes de fébrilité.

D'après le Wall Street Journal, YouTube a proposé des bonus financiers à ses YouTubers vedettes (créateurs de contenus, NDLR), afin de s'assurer l'exclusivité de leurs futures vidéos. Interrogé sur le sujet par l'AFP, Google n'as pas commenté.

«Facebook va peut-être rattraper YouTube mais peut-être que YouTube va lui-même dépasser la télé. Ce sont deux produits vidéo qui sont très différents» par leur approche des internautes et de la publicité, estime quant à elle Sandrine Plasseraud, directrice générale de l'agence de publicité We Are Social.

«Est-ce que YouTube ne va pas ensuite se lancer dans la production de contenus à la Netflix?», s'interroge-t-elle.




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