«Armes, drogue, diamants, êtres humains - peu importe votre business, nous vous aidons à blanchir vos profits. Créez votre société en quelques clics», clame un site internet clinquant baptisé cache-ton-cash.com.

Publié le 14 nov. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Promotion dictateurs» corrompus, oppresseurs et tyrans, bénéficiez de 25% de réduction avec le code promo «klepto25», «offre spéciale trafiquants de drogue, 10% de réduction avec le code promo "10grammes"», parodie l'organisation non gouvernementale internationale One qui, lorsqu'on clique sur «j'en profite», propose plutôt de signer un «appel aux dirigeants européens pour lutter contre ces sociétés».

«Actuellement, les dirigeants européens travaillent sur une nouvelle loi permettant de sévir contre ces sociétés. Vous avez donc une opportunité unique de les pousser à agir». Sa pétition lancée depuis deux-trois mois en France, a été signée par 40 000 personnes.

«Cash-ton-cash.com n'est pas un véritable site! Mais il pourrait l'être», avertit One qui, après une campagne sur le réseau social twitter et l'affichage d'une pétition sur son site officiel, a lancé ce site factice estampillé «société 100% légale» mercredi.

«Cache-ton-cache.com dénonce une effrayante réalité», explique l'ONG, qui a ouvert il y a deux semaines un site équivalent au Royaume-Uni, Stash-the-cash.com.

«Créer une société-écran est un jeu d'enfant, plus facile que de refaire son permis de conduire ou de créer un compte en banque. Sans surprise, ces sociétés fantômes sont très convoitées par des criminels pour blanchir leur argent: elles sont utilisées dans 70% des grands cas de corruption dans le monde», déclare Friederike Röder, responsable plaidoyer de One France dans un communiqué.

Poursuivant dans l'humour décalé, le site donne les «témoignages» cyniques de clients satisfaits, un «chef d'État (non élu)» en treillis, un «baron de la drogue tiré à quatre épingles, un «trafiquant d'armes» souriant aux allures de gentleman décontracté. Anonymat exige: la photographie de chacun est barrée d'un bandeau noir au niveau des yeux.

Rappelant que le Royaume-Uni a annoncé fin octobre la création d'un registre public des entreprises pour mieux faire la lumière sur les sociétés-écrans, One «demande (au ministre français de l'Économie) Pierre Moscovici de se faire l'avocat de cette mesure lors de l'Ecofin» de Bruxelles vendredi.

One se dit soutenue par 3,5 millions de personnes contre «l'extrême pauvreté et les maladies évitables, particulièrement en Afrique».