Les autorités sud-africaines ont fait appel aux réseaux sociaux pour essayer de mettre un terme aux rumeurs sur la santé de l'ancien président Nelson Mandela, hospitalisé samedi à l'âge de 93 ans, le sujet affolant les adeptes de Twitter.

Publié le 26 févr. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

La présidence a utilisé Facebook et Twitter pour annoncer que «Madiba», comme l'appellent affectueusement de nombreux Sud-Africains, avait été admis à l'hôpital samedi, puis pour rassurer sur son état de santé.

Elle a annoncé de la même façon, dimanche, qu'il avait quitté l'hôpital, après avoir subi des examens approfondis, rien de grave n'ayant été décelé.

«C'est un signe d'un gouvernement moderne qui embrasse une ère moderne. Le gouvernement a été plus organisé cette fois-ci, et son activité sur les réseaux sociaux en est un exemple», juge Mathew Buckland, éditeur du site spécialisé Memeburn.

«Comme la présidence a annoncé la nouvelle elle-même et a publié sa déclaration sur Twitter, les gens ont suivi en retweetant le communiqué de la présidence en y faisant référence comme étant la source. C'est exactement ce qu'il faut faire, ce qui évite la confusion apportée par des sources multiples et contradictoires, et des conjectures», explique-t-il.

Les services du président Jacob Zuma avaient été vertement critiqués pour n'avoir donné aucune nouvelle lors de l'hospitalisation précédente de Mandela, en janvier 2011, leur silence ayant entraîné un mouvement de panique.

Or, il ne faut pas grand chose pour agiter les réseaux sociaux.

Fin décembre, un journaliste reconnu avait annoncé une nouvelle hospitalisation de Mandela sur Twitter après la diffusion par une chaîne de télévision d'une rétrospective de 2011 rappelant sa maladie de janvier, ce qui avait conduit la présidence sud-africaine à rassurer sur sa santé.

Les efforts des autorités ne sont pas passés inaperçus cette année, l'Afrique du Sud utilisant de plus en plus smartphones et internet.

Eviter rumeurs et spéculations

Nelson Mandela est un héros national en Afrique du Sud, pour avoir permis de transformer en une démocratie multiraciale un pays divisé et meurtri par l'apartheid. Il est vénéré dans le monde entier comme étant un symbole de pardon et de liberté.

Les médias sud-africains ont salué cette transparence soudaine, mais ils en veulent plus: la présidence a en effet refusé de préciser samedi où Mandela avait été hospitalisé, ni même ce qu'il avait exactement. Ce n'est que dimanche qu'une ministre a indiqué qu'il avait subi une coelioscopie.

Le Sunday Times a estimé que le pays avait besoin d'informations «crédibles, détaillées», pour éviter rumeurs et spéculations, ce qui n'a pas pu être évité samedi, des bruits faisant état d'une opération du vieil homme.

«Les autorités doivent également accepter qu'il y a un intérêt mondial sans précédent pour l'état de santé de Nelson Mandela et que les plate-formes des nouveaux médias propagent rapidement des rumeurs», note-t-il.

The Sunday Independent a ajouté que «Mandela, vu son statut d'icône et son humilité en tant que serviteur du peuple, insistait sur le fait que la nation devait être informée sur son état de santé».

Mathew Buckland juge cependant que la vie privée de Nelson Mandela devait être respecté, quand bien même il est un personnage public.

«Il y a un équilibre à trouver, et dans ce cas, le gouvernement a visiblement trouvé le bon équilibre», explique ce spécialiste des tendances technologiques.