La société d'État chinoise China Telecom a catégoriquement nié jeudi avoir «détourné» le trafic internet de plusieurs sites du gouvernement et de l'armée des États-Unis, ainsi que l'a affirmé un rapport présenté mercredi au Congrès américain.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La société a indiqué dans un courriel à l'AFP «démentir tout détournement de trafic internet».

Interrogé jeudi à Pékin lors d'un point de presse régulier, un porte-parole de la diplomatie chinoise a de son côté refusé de commenter les allégations américaines.

Dans son rapport annuel, la commission chargée des questions économiques et de sécurité entre la Chine et les États-Unis a affirmé que China Telecom avait détourné le trafic de courriels de sites du Sénat américain, du ministère de la Défense ou encore de la Nasa et du ministère du Commerce.

L'incident a duré 18 minutes le 8 avril dernier. Quelque 15% des courriels provenant ou à destination de ces sites ont été déroutés vers des serveurs installés en Chine pendant cette courte période, a affirmé le rapport.

La presse officielle chinoise a de son côté également rejeté jeudi l'hypothèse d'une cyberattaque chinoise visant des courriels stratégiques américains.

«Il n'y a pas de monstre caché dans le placard», a affirmé dans un éditorial le quotidien d'État Global Times, en affirmant que c'était Washington et non Pékin qui avait les capacités de contrôler l'internet.

«Parmi les 13 serveurs racines DNS (Domain Names System), presque tous sont basés aux États-Unis, ce qui permet aux États-Unis de superviser et de contrôler les serveurs web dans les autres pays», a estimé le journal.

«En réalité les États-Unis sont un webmaster mondial. S'ils le veulent, ils peuvent paralyser en une seconde les services internet de la Chine», a ajouté le Global Times.

Le quotidien a enfin suggéré que les accusations de détournement de l'internet au profit de la Chine pourraient servir les fournisseurs de l'armée américaine, avides de «récolter des milliards de dollars du gouvernement américain».

China Telecom, opérateur historique de télécommunications en Chine, coté aux bourses de Hong Kong et de New York, est aussi l'un des trois grands opérateurs chinois de téléphonie mobile.