«Salut, je suis bloqué à Madrid et je dois absolument m'en sortir»: un site internet suédois vole au secours des voyageurs bloqués par la paralysie du trafic aérien en leur permettant d'organiser leur périple par la mise en commun d'offres et de demandes.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le site www.volcanohelp.eu a été mis en service dimanche par deux étudiants suédois, émus par les récits de ces voyageurs impuissants face au nuage de cendres du volcan islandais Eyjafjöll qui les empêche de regagner leurs pénates.

«Le plus gros problème, semble-t-il, est qu'il n'y avait aucune organisation», explique Maans Gaardfeldt, étudiant en économie et cofondateur du site.

«Certaines personnes payaient des sommes astronomiques pour rentrer en taxi, et beaucoup n'avaient simplement aucun moyen de rentrer», si bien que l'idée a germé d'aider ces gens à «partager une voiture de location ou à trouver une voiture qui voudrait bien les prendre en stop», quitte à partager les frais.

Un coup d'oeil sur Facebook, Twitter et d'autres sites de socialisation les a vite convaincus que «les gens se cherchaient, mais sans aucune organisation».

Maans Gaardfeldt et son copain informaticien Jonas Larsson ont alors rapidement doté la toile de l'outil qui manquait à leurs yeux: un site offrant un cadre de discussions aux naufragés de l'Eyjafjöll cherchant leur Ithaque.

«Le bruit s'est répandu très vite. Lorsque nous avons vérifié dimanche, cinq heures seulement après la mise en ligne du site, nous avions 1400 visiteurs par heure!», raconte M. Gaardfeldt. Et après trois jours, le site avait accueilli environ 30 000 visiteurs individuels pour environ 140 000 pages consultées.

Le site est avant tout utilisé pour trouver un moyen de transport, en voiture ou en bus: «Il n'y a pas quelqu'un qui prévoit de rouler jusqu'à Bucarest ou n'importe quelle autre ville de Roumanie, ou même en Hongrie, à Berlin ou en Allemagne?» pouvait-on ainsi lire cette semaine.

Maans Gaardfeldt a bien reçu quelques confirmations de l'efficacité du système, mais il reconnaît qu'il est très difficile de savoir combien de personnes ont effectivement trouvé de l'aide via le site car «les gens sont en général très pressés, ils donnent leurs adresses courriels ou leurs numéros de téléphone et ensuite s'arrangent en dehors du site».

Outre le trajet lui-même, le site suédois aide à trouver un logement gratuit ou pas cher en attendant voiture, bus, train ou avion.

«Beaucoup d'offres d'hébergement gratuit ont été mises en ligne pour les voyageurs bloqués et leurs familles», en particulier en Amérique du Nord, souligne M. Gaardfeldt.

Ainsi, une habitante de Philadelphie offre «un canapé ou même le sol dans (sa) petite maison (...) Je sais que ce n'est pas une offre très attrayante, mais nous serions heureux d'aider quiconque a besoin d'aide».

«Si vous êtes bloqué à Moscou et avez besoin d'aide (eau, nourriture ou couchage), n'hésitez pas à me contacter», écrit cet internaute russe.

Même si les vols en Europe ont amorcé un retour à la normale, M. Gaardfeldt considère que son site pourra toujours servir dans les jours qui viennent.

«Environ 100 000 vols ont été annulés depuis jeudi (15 avril), ce qui veut dire qu'il y a une énorme liste d'attente pour les avions (...) Je pense qu'il est évident que les perturbations dans le transport vont encore durer des semaines», estime-t-il.

Et les deux étudiants, qui assument jusque-là le coût de fonctionnement du site, nourrissent de plus grandes ambitions pour quand la situation sera redevenue normale: la mise en place d'un «nouveau site pour aider les gens victimes de catastrophes dans le monde à s'organiser».