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Un avenir difficile pour le web 2.0

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Le logo du site Twitter

Alain Mc Kenna
La Presse

La crise économique américaine commence à affecter sérieusement les entreprises du web, au point où même des services assez importants, comme Twitter, sont menacés. Et ce n'est qu'un début: les mois à venir s'annoncent encore plus difficiles pour ce secteur technologique grandement tributaire de la publicité en ligne et du financement en capital-risque.

C'est ce que laissent entendre, à l'unanimité, les analystes qui suivent de près l'évolution de la publicité dans les médias et sur l'internet, puisque ces dernières semaines, ils ont tous revu leurs prévisions à la baisse. À commencer par eMarketer, dont l'estimation des dépenses nord-américaines pour la publicité sur l'internet en 2009 a été revue à la baisse, passant de 30 milliards US à 25,7 milliards. Ce ralentissement ira jusqu'en 2012, avertissent ses analystes, qui voient la croissance des quatre prochaines années amputée de 25% environ.

 

Le groupe financier UBS va un peu plus loin dans ces analyses, précisant que cette réduction des dépenses publicitaires affectera davantage les entreprises qui ont plus de difficulté à comptabiliser et à traduire en chiffres bien précis l'impact de la publicité qu'ils affichent. Conclusion: même des sociétés web importantes comme eBay et Yahoo! pourraient s'en sortir difficilement, estime-t-on chez UBS. Google s'en tirera mieux, grâce à sa formule de publicité mesurable, ciblée en fonction des recherches lancées par les internautes sur sa page d'accueil.

Le Canada n'échappera pas à cette tendance, mais la croissance devrait être au rendez-vous, pense Patrick Pierra, coprésident et chef de la direction du portail d'information Branchez-vous. «Le marché publicitaire en général va souffrir» explique-t-il, mais pour le moment, on ne table pas sur une contraction du marché publicitaire en ligne.»

M. Pierra ajoute que, par rapport aux médias traditionnels, l'internet a l'avantage d'être plus abordable, tout en permettant de bien cibler les clients potentiels. «Ça aurait été plus difficile il y a huit ou neuf ans, alors que la publicité en ligne était un phénomène encore naissant, dit-il. Aujourd'hui, nous avons un ciblage comportemental assez efficace, et ce qui est mesurable pourrait s'en sortir encore mieux.»

Les petites touchées

De tout ce qui vit sur l'internet, ce sont probablement les sites faisant dans le Web 2.0 qui risquent de souffrir le plus. Surtout ceux qui n'ont pas prévu de rentabiliser rapidement leurs opérations, avertit Ben Yoskovitz, fondateur du site de recrutement en ligne StandoutJobs. «C'est un défi pour toutes les startups (entreprise en démarrage), surtout si leur modèle d'affaires n'est pas déjà bien défini et que les revenus n'entreront pas avant les six ou sept prochains mois.»

«Avec tous ces gens qui perdent leur emploi, les temps sont surtout durs pour les réseaux sociaux», continue l'entrepreneur montréalais. «Très peu de ces sites sont une nécessité. Twitter est un bon exemple.» Twitter, un service de microblogues qui tarde à se développer au-delà de la sphère des early «adopteurs», peine en effet à générer des revenus dignes de sa base d'utilisateurs, ce qui commence à inquiéter les analystes. On pourrait ajouter des sites comme Facebook à ces sites qui vivent encore principalement d'investissements privés.

C'est ce qui fait croire à Ben Yoskovitz qu'encore une fois, ce sont les plus petites entreprises qui vont subir les contrecoups de cette situation. Les investisseurs qui ont déjà placé leurs sous dans des sites de la stature de Twitter ou Facebook ne voudront pas les voir disparaître et seront plus enclins à réinvestir, au lieu de chercher à lancer de nouveaux services. «Il y a moins d'argent pour les nouvelles entreprises, et les attentes sont de plus en plus élevées, dit-il. Ce n'est pas le meilleur moment pour lancer un nouveau site Web 2.0.»

 




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