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Facebook, une menace pour la justice ?

C'est l'histoire d'une meute en colère qui décide de se substituer aux tribunaux... version 2.0. Le procès de quatre adolescents, accusés d'avoir tué un chat lors d'un cambriolage, pourrait dérailler. Manque de preuves? Travail policier bâclé? Non. Facebook !

Tout a commencé le 29 décembre à Camrose, en Alberta. Quatre ados, âgés de 13 à 15 ans, forcent l'entrée d'une maison pendant que ses propriétaires sont en vacances. Ils saccagent les lieux et volent un éventail d'objets. Le lendemain, les vandales reviennent à la charge. Et lorsqu'ils tombent sur le chat, l'un d'eux a une idée géniale : le faire cuire dans le micro-ondes. C'est finalement un voisin qui découvre le cadavre parmi les décombres.

La nouvelle s'est propagée comme une traînée de poudre dans la petite ville de 15 000 habitants, située à une centaine de kilomètres d'Edmonton. Indignés, des défenseurs de droits des animaux ont créé plusieurs groupes de discussion sur Facebook, le populaire site de réseautage.

«Camrose Cat Killers – Prosecute them as adults» a rassemblé plus de 6000 internautes qui exigent que les garçons, arrêtés peu après leur crime, soient jugés par un tribunal pour adultes. D'autres vont beaucoup plus loin, comme «Let's Build a Giant Microwave and Teach Those Camrose Cat Killers a Lesson» (Construisons un micro-ondes géant pour donner une leçon aux tueurs de chats de Camrose).

Déchaînés, certains internautes ont lancé des menaces aux accusés.

«Ils se feront casser la gueule avant le 6 janvier», a écrit l'un d'eux.

«Ces monstres devraient être torturés, a ajouté un autre. Laissez la société s'en occuper. »

Les noms des accusés dévoilés

Mais voilà, dans un accès de colère, quelqu'un a affiché le nom des quatre accusés qui, rappelons-le, sont mineurs. La police de Camrose a immédiatement ordonné la fermeture du site, mais le mal était fait. En Alberta comme ici, la loi interdit d'identifier les personnes de moins de 18 ans, peu importe le crime pour lequel ils sont accusés ou condamnés. Le processus judiciaire contre ces malfaiteurs est donc compromis. Sans compter l'humiliation subie par quatre adolescents et leurs familles.

Interrogé par le Calgary Herald, un professeur d'éthique à l'Université du Manitoba a fustigé les auteurs du site. «La publication de ces noms est honteuse, a déclaré Arthur Schafer. C'est aussi inquiétant pour la société que le crime que ces jeunes hommes ont commis.»




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