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Persécutions réelles dans le monde virtuel

AFP
San Francisco

Les persécutions d'enfants fragiles ou différents par leurs condisciples ne se limitent plus aux cours de récréation mais s'étendent désormais aux mondes virtuels où ceux-ci avaient trouvé refuge, mettent en garde des chercheurs américains.

Le nombre d'enfants entre 10 et 17 ans affirmant avoir été victimes de mauvais traitements sur l'internet est passé de 6% en 2000 à 9% en 2005, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d'Atlanta, qui a jugé le sujet suffisamment grave pour y consacrer une étude.

Courriels, messages instantanés, chats... les outils de l'internet peuvent blesser lorsque utilisés avec une intention mauvaise.

Et contrairement à ce qui se passe dans les écoles, les victimes ne savent pas qui sont leurs bourreaux, souligne l'un des auteurs du rapport Marci Hertz. «Dans la cour de récréation, vous pouvez vous défendre en répondant à votre agresseur, mais c'est une dynamique tout à fait différente en ligne».

Les persécutions s'effectuent le plus souvent dans le secret de la chambre de l'enfant, loin des regards des enseignants et des parents.

«Certains enfants peuvent être capables d'ignorer tout ça, d'éteindre leur ordinateur et de passer à autre chose. Mais d'autres enfants sont plus fragiles«, a souligné Mme Hertz, interrogée par l'AFP.

Une adolescente de 13 ans s'est pendue avec sa ceinture en novembre dans l'Etat du Missouri (sud), après avoir échangé des insultes, via le site de socialisation MySpace.com, avec une personne prénommée «Josh» qu'elle pensait être un garçon de 16 ans. Le dernier message envoyé par «Josh«, après plusieurs semaines de flirt en ligne, était: «le monde irait mieux sans toi».

«Josh» s'est révélé être l'avatar de la mère d'une ancienne amie de l'adolescente, qui voulait comprendre les raisons de la rupture entre les deux filles. Après avoir découvert que le comportement de la mère n'était pas susceptible de faire l'objet de poursuite, les responsables politiques locaux ont adopté une disposition interdisant les persécutions sur l'internet.

La police du Tennessee (sud-est) a pour sa part indiqué qu'une adolescente en avait blessé une autre à coups de couteau, après que celle-ci eut mis en ligne un commentaire peu amène sur le site de socialisation Facebook.

Le CDC précise avoir mené à bien son étude parce qu'il a reçu des appels de «beaucoup d'écoles» lui demandant conseil sur les persécutions en ligne.

Selon le rapport, 64% des jeunes ayant fait l'objet de mauvais traitements sur l'internet affirment ne jamais avoir été inquiétés à l'école.

D'ores et déjà, certaines écoles américaines restreignent les accès à l'internet ou l'usage des téléphones mobiles sur leurs campus.

L'internet jouant un rôle de plus en plus grand dans la vie des jeunes, il n'est que normal que la violence s'y installe aussi, a souligné le sociologue C.J. Pascoe, de l'université de Californie à Berkeley.

«C'est la transcription en ligne de ce qu'ils font dans la cour«, souligne M. Pascoe, auteur d'un livre sur le bizutage intitulé «Mec, t'es une pédale!».

Les sites de socialisation, où les jeunes mettent en ligne des pages remplies de détails personnels, constituent une mine d'information pour les tortionnaires. Mais, en revanche, certains outils d'internet, comme la messagerie en ligne, peuvent aider les enfants timides à se faire des amis.

Pour le chercheur, le problème du «cyber-bizutage» a été monté en épingle. «Nous devrions nous préoccuper du bizutage et des violences de manière générale, quel que soit l'endroit où ils prennent place».

Pour Nan Stein, une scientifique du Wellesley College spécialiste du harcèlement sexuel, «cette hystérie sur le bizutage est pour partie une tentative pour mieux contrôler et surveiller les enfants». «Nous devons encourager nos enfants à devenir des citoyens du monde. C'est bien d'être gentil. Ca aide, mais nous ne devrions pas tout contrôler».




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