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La junte birmane se bat contre internet

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AFP
Bangkok

Sentant qu'elle était en train de perdre la bataille des images et de l'information, la junte birmane a coupé le robinet d'internet qui alimentait en grande partie les médias internationaux. Mais, à l'heure des nouvelles technologies, elle aura bien du mal à museler totalement l'opposition.

Dans ce pays où le régime veut avoir la mainmise totale sur l'information et empêche les médias occidentaux de travailler librement, internet avait joué un rôle crucial dans les premiers jours du mouvement de protestation mené par les moines bouddhistes.

Ainsi, en moins de 10 jours, le site Web de réseau social Facebook a reçu la visite de plus de 100 000 de ses membres sur son forum de soutien au mouvement démocratique birman. Les blogues spécialisés et les sites de dissidents ont aussi beaucoup de succès, comme le blogue ouvert par un ressortissant birman exilé à Londres, Ko Htike, qui diffuse des récits et des images de témoins directs présents à Rangoon.

Jusqu'à la fin de la semaine dernière, l'essentiel des images fixes et animées diffusées par les chaînes de télévision et les journaux à travers le monde étaient sorties clandestinement de Birmanie via internet. Ces vidéos, photos et récits en provenance de «citoyens reporters» avaient été cruciales dans la prise de conscience internationale et la condamnation générale de la junte au pouvoir.

Mais, vendredi dernier, sentant le contrôle des médias leur échapper, les généraux birmans ont frappé un grand coup: ils ont interrompu purement et simplement les activités des deux fournisseurs de service internet du pays, BaganNet et Myanmar Post and Telecom.

«Le gouvernement a compris qu'il était en train de perdre la bataille de la communication», explique Vincent Brossel, chef du bureau Asie de Reporters sans frontières. Selon lui, depuis cette coupure, le flot des mots et des images en provenance de la Birmanie s'est réduit à un filet.

Outre internet, le pouvoir birman a également coupé certaines lignes téléphoniques terrestres et multiplié les confiscations de téléphones portables, autre source essentielle d'information et d'échanges entre les dissidents de l'intérieur et les journalistes étrangers. Autant de nouvelles technologies qui n'existaient pas -ou très peu- en Birmanie lors des précédentes manifestations démocratiques réprimées dans le sang en 1988.

«Je ne suis pas surprise. Ils ont toujours essayé de contrôler l'information», souligne Shari Villarosa, plus haut diplomate américain en poste à Rangoon, interrogé vendredi par téléphone par l'Associated Press. «Les photos et vidéos qui sortent révèlent la vérité sur la façon dont ils s'accrochent au pouvoir.»

Mais, aujourd'hui, couper complètement le flux d'images et de témoignages ne sera pas chose aisée pour la junte. Contrairement à internet, qui était aux mains de deux fournisseurs, il sera plus difficile de suspendre toutes les lignes de téléphones portables ou de confisquer tous les mobiles.

«La junte ne peut pas contrôler totalement la technologie, et cela fait une grosse différence si l'information peut être transmise rapidement», souligne Aung Din, un des responsables de U.S. Campaign for Burma, un mouvement de dissidents basé à Washington.

«La technologie moderne est devenue le pire ennemi des généraux. (En 1988), il n'y avait que de vieux téléphones, et encore si vous pouviez y avoir accès», renchérit Bertil Lintner, spécialiste de la Birmanie et auteur de plusieurs livres sur ce pays.

Malgré la fermeture des deux services internet, les grandes entreprises et les ambassades raccordées au réseau internet par satellite sont restées connectées avec le reste du monde.

Aung Zaw, rédacteur en chef du magazine indépendant «Irrawaddy» traitant de la Birmanie et basé en Thaïlande, prédit que les opposants à l'intérieur de la Birmanie ne mettront que quelques jours pour réussir à contourner les mesures de censure de la junte. «Les gens ne savent pas où se trouve la Birmanie», note-t-il. «Maintenant, ils voient des images sur la situation en cours et veulent en savoir plus. C'est une énorme différence avec 1988.»




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