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Une librairie virtuelle

Bien avant que des sites comme Amazon permettent aux consommateurs d'acheter des livres sur l'internet à partir de leur domicile, Sylvie Lewis proposait dès 1994 un tel type de service par son entreprise virtuelle Le Livre voyageur.

Toutefois, celle-ci n'a pas qu'une vocation commerciale, car elle offre de l'animation et des ateliers, organise des concours, présente des événements, etc. Bien que variées, ces activités ont en commun de toujours mettre le livre en valeur.

Partant de sa propre expérience, l'entrepreneure a d'abord visé les 0-5 ans. «Je lisais dès la maternelle, explique-t-elle. Quand mes parents me donnaient des sous, j'en prenais la moitié pour m'acheter des livres. Par conséquent, je suis convaincue qu'il n'est jamais trop tôt pour initier un enfant au plaisir de lire.»

Elle a donc ciblé le marché des garderies et des CPE, auxquels elle a commencé à suggérer par télécopieur ou par téléphone des ouvrages ludiques: livres-jouets en éponge ou cartonnés, lavables, à manger, à mâchouiller ou pour jouer dans le bain.

Rapidement, ses clients ont commencé à recourir à ses services pour qu'elle leur déniche des livres dans des catégories spécifiques. «Il n'est pas évident pour un responsable de CPE de partir à la recherche de volumes, par exemple, pour entraîner les enfants à la propreté ou à la socialisation. Par conséquent, ils communiquaient avec moi afin de me confier des mandats de ce genre. Quelques jours après, je leur transmettais une liste de livres pertinents en leur offrant un résumé et en indiquant en quoi ces bouquins pouvaient les aider. Puis, j'acheminais les volumes sélectionnés.»

Comme l'internet n'existait pratiquement pas à l'époque, Sylvie Lewis devait consulter plus d'une centaine de catalogues publiés par les éditeurs et les distributeurs afin de recenser leurs nouveautés et ouvrages récents, qu'elle classait ensuite dans l'une des 600 catégories qu'elle avait établies.

Malgré la lourdeur de la tâche, il s'écoulait moins de 10 jours entre la prise de commande et la livraison des volumes au client. De toute évidence, la formule a plu, car Le Livre voyageur sert aujourd'hui 3000 CPE, dont quelques-uns ont des budgets d'achats de livres pouvant atteindre jusqu'à 2000$.

L'entreprise fonctionne comme une librairie, sauf qu'elle ne tient aucun inventaire, «source de toutes les faillites dans ce domaine», estime Sylvie Lewis. Elle obtient ses volumes au même prix que les librairies traditionnelles, puis les revend à un prix identique à eux malgré les frais de transport.

Une valeur ajoutée

Parallèlement à la distribution, Sylvie Lewis a commencé à visiter des garderies et des classes de maternelle afin d'y présenter des animations littéraires. Déguisée comme les personnages des livres qu'elle faisait découvrir aux jeunes, elle venait leur lire des histoires en y ajoutant de l'information éducative.

«En proposant des animations personnalisées, j'ajoutais une valeur à mon entreprise et je me démarquais des librairies, mais surtout des sites de ventes à distance, qui émergeaient.»

Ce contact avec le réseau scolaire lui a fait découvrir certaines carences dans le fonctionnement des bibliothèques. «Chaque bibliothécaire doit servir des dizaines d'établissements. Par conséquent, parce que peu guidés, les élèves n'étaient pas informés des nouveautés, ils ne savaient pas comment trouver des catégories, etc.»

Elle a donc décroché un mandat de deux ans à l'école Jeanne-Leber, où, à raison de trois ou quatre jours par semaine, elle a organisé divers projets. Son premier projet fut de redécorer et repeindre la bibliothèque, que les jeunes associaient davantage à un endroit pour les punitions et les retenues. Elle y a également instauré une nouvelle méthode de classification des volumes basée sur des icônes, de façon à faciliter les recherches et le stockage des ouvrages. Ce système a permis de réduire de 90% le temps consacré par la bibliothécaire à replacer les bouquins sur les rayons.

Deux ans plus tard, Sylvie Lewis a continué de développer le marché scolaire en oeuvrant dans une école du quartier Petite Bourgogne. Elle y a notamment mis en place la semaine des arts et de la culture, où les jeunes devaient monter des stands à partir de ce qu'ils avaient trouvé dans des livres.

Elle a également réorganisé la bibliothèque de cet établissement multiethnique autour de la francisation des élèves. Ainsi, en plus d'accroître la quantité d'ouvrages de référence (dictionnaires, précis de grammaires, etc.), elle a érigé une section consacrée au Québec, avec moult livres sur l'histoire, la politique, la géographie, etc. Puis, à l'école de décrocheurs Marie-Médiatrice, elle a monté une bibliothèque et une radio étudiante en plus d'organiser des clubs de lecture.

Après avoir lancé son site web il y a un an et demi, Sylvie Lewis a recommencé à s'occuper à temps plein du Livre voyageur. Aujourd'hui, elle sert quelque 6400 clients. Si une bonne partie provient toujours du milieu scolaire et de garde, elle développe progressivement la clientèle des CLSC, des hôpitaux et des groupes communautaires.

«On y trouve des gens captifs de par leur état de santé, qui ont du temps pour lire, mais qui ne peuvent se déplacer afin de mener leurs recherches.» Par ailleurs, elle entend explorer le marché des francophones hors Québec, un marché qui génère déjà 15% de son chiffre d'affaires. «Il est presque impossible de dénicher des ouvrages en français en Alberta ou en Colombie-Britannique, indique l'entrepreneure. Depuis la mise en ligne de notre site, nous recevons fréquemment des demandes en ce sens.»

- Sur le web: Le Livre voyageur




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