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«Wikifiés» et plus encore

Lorsque, au terme d'une nuit blanche de 1995, l'informaticien Ward Cunningham avait créé le concept de wiki, il ne réalisait probablement pas qu'il posait un jalon crucial pour le développement du Web 2.0, second cycle de l'internet, comme on le sait. Jeudi dernier, à la rencontre Webcom Montréal, il ne fut à peu près question que de concepts collaboratifs, outils informatiques et plateformes de mise en relations.

Concept collaboratif s'il en est, le wiki est un système de gestion de contenus qui rend les pages d'un site internet librement et également modifiables par tous ses utilisateurs. Ainsi, les wikis favorisent l'écriture collective de documents, et plus encore. «Système de composition, médium de discussion, base de données, système de messagerie, outil de collaboration», résume Sébastien Paquet, spécialiste québécois des wikis et consultant pour l'entreprise californienne Socialtext, qui implante des wikis dans les organisations et entreprises afin d'en maximiser la communication interne (entre autres choses).

Plus d'une décennie après la création des wikis, on trouve des dizaines et des dizaines de sites qui exploitent ce système, à commencer par l'encyclopédie collaborative Wikipedia, qui rassemble au-delà de 7 millions d'articles écrits dans plus de 192 langues - dont près d'un demi-million en français. Non sans donner prise à la critique Les wikis publics ne sont-ils pas vulnérables aux fumistes? Le risque d'erreur n'y est-il pas inquiétant?

«Entre un petit groupe d'experts qui révisent une encyclopédie reconnue et les milliers de réviseurs de Wikipédia, on peut dire que les deux pratiques se valent. Sur Wikipédia, les corrections ne se font pas attendre, les erreurs ont tôt fait d'être corrigées étant donné l'intensité de la circulation des utilisateurs», plaide Sébastien Paquet, qui terminait ses études lorsqu'il a découvert l'encyclopédie Wikipédia dont il fut parmi les premiers utilisateurs en 2001.

Culture

Et la culture «wikifiée» ? «Les artistes émergents, par exemple, peuvent lancer des wikis pour se faire connaître et créer une communauté d'intérêts. Ils peuvent ainsi briser l'isolement en partageant leurs recommandations et en constituant des réseaux», fait observer Sébastien Paquet.

Comme la plupart des nouveaux outils du Web 2.0, le wiki n'est pas une solution unique. Les sites collaboratifs ne cessent de se multiplier sur l'internet et l'on est loin de se limiter au partage des vidéos ou des profils personnels - Facebook, MySpace, YouTube, etc.

Prenons Viadeo, un site collaboratif lié au monde des affaires, fondé à Paris il y a trois ans. S'exprimant en six langues, les communautés d'intérêt qui se sont constituées sur Viadeo comptent actuellement 1,2 million de membres. La croissance de Viadeo a été à ce point fulgurante que l'entreprise française a ouvert des bureaux en Angleterre, en Italie, en Allemagne et en Espagne, sans compter des participations en Chine et (tout récemment) en Amérique francophone.

«Comparativement à plusieurs wikis implantés dans les entreprises, nous ne préconisons pas le partage complet de l'information mais plutôt celui de l'information qu'on accepte de rendre visible. Dans les grandes entreprises, l'information n'est pas toute partagée, n'est-ce pas ? Les wikis, en ce sens, sont parmi les outils intégrés par les communautés présentes sur Viadeo. Les profils personnels créés les utilisateurs de Viadeo leur ont ensuite permis de savoir à qui ils s'adressaient et d'ainsi mettre à leur disposition des wikis ou des blogues», explique Dan Serfaty, président directeur général et cofondateur de Viadeo. Les communautés culturelles, fait-il observer en outre, y sont très développées. Plus de 7000 personnes y partagent leurs intérêts.

DailyWoM.TV

Typique du Web 2.0, la mise en relation d'internautes aux mêmes affinités est aussi remarquable sur DailyWoM.TV, webtélé québécoise ou podcast vidéo journalier et bilingue faisant état du bouche à oreille (Word of Mouth, d'où WOM) en matière d'innovation en communication, notamment dans le milieu publicitaire montréalaise.

«Les rencontres que nous y faisons et que nous mettons ensuite en ligne créent un effet de proximité entre les interviewés et ceux qui accèdent à notre site. Nous cherchons d'abord à mettre en relation les acteurs qui exercent une influence dans le domaine des nouveaux médias et de la publicité afin de partager leurs observations et analyses», explique Pascal Beauchesne, fondateur de DailyWoM.TV, qui recense plus de 2000 visiteurs quotidiens depuis sa fondation récente.

Et les applications culturelles de cette plateforme ?

«Par exemple, nous avons fait savoir que le Musée des beaux-arts de Montréal est à revoir sa stratégie complète de communication, c'est-à-dire accroître son audience par les nouveaux médias - on sait déjà que le Musée des arts modernes de New York (MOMA) utilise le podcast pour animer ses visites. Dans cette optique, l'agence SidLee (autrefois nommée Diesel) travaille avec le MBA de Montréal.»

Des multiples utilisations des wikis aux innombrables sites internet équipés de nouveaux outils interactifs, les pratiques collaboratives recensées au Webcom Montréal n'ont pas fini de foisonner. Nous sommes «wikifiés», et bien plus encore.




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