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EMI et Apple, la musique sans filet

AFP
New York

En supprimant les protections anticopies sur la musique en ligne, EMI et Apple reconnaissent l'inutilité de ces systèmes contre le piratage et choisissent d'apparaître comme les pionniers d'un modèle plus ouvert, que leurs concurrents devront imiter, estiment les analystes.

La maison de disques britannique EMI a annoncé lundi la mise à disposition de l'ensemble de son catalogue numérique sans système de cryptage anticopie (DRM) sur le site iTunes d'Apple, moyennant une augmentation de prix de 25%.

Apple, qui avec son site iTunes règne sur 70% des ventes de musique légale, démarre un mouvement qui devrait s'étendre peu à peu aux autres maisons de disques et aux autres baladeurs, estiment les experts. Steve Jobs a déjà assuré lundi que d'autres maisons de disques suivront.

Son initiative n'était pas une surprise totale: il y a deux mois, le PDG d'Apple avait appelé à supprimer tous les DRM, qui empêchent qu'une chanson achetée sur iTunes soit lue sur un autre baladeur.

Pour justifier ce revirement, il avait souligné que les DRM ne servent à rien puisque l'immense majorité des chansons stockées sur les iPod est piratée.

L'annonce de lundi a cependant fait l'effet d'une bombe, que la fédération américaine des maisons de disques, la RIAA, la grande militante des DRM, n'avait pas encore voulu commenter lundi après-midi.

Les nombreux sites et blogues anti-DRM ont applaudi, beaucoup de commentaires assurant que le public sera prêt à payer, et à payer plus cher qu'avant, pour télécharger des chansons non protégées et lisibles partout.

Les analystes n'étaient eux pas du tout certains d'un impact réel sur les ventes de musique en ligne, mais y voyaient d'abord un coup de maître côté publicité.

«C'est une grande victoire d'image pour Apple et Steve Jobs, qui apparaissent en champions des droits des consommateurs. Cela va augmenter leur poids dans les esprits, ce qui se transforme souvent en part de marché. Et cela calmera les exigences des régulateurs européens» qui exigent qu'Apple ôte les DRM sur iTunes, a commenté Michael Gartenberg, analyste chez JupiterResearch.

Selon lui, Apple court paradoxalement peu de risques que cette ouverture défavorise ses iPod. «Apple a dominé le marché grâce à des produits qui accrochent le consommateur et non pas par des musiques protégées», a-t-il expliqué.

Pourtant, alors que les ventes de CD dans le monde ne cessent de baisser, sans être remplacées pour l'instant par les modestes revenus de la vente de musique en ligne, il est «peu probable que les musiques sans DRM fassent s'envoler les ventes de musique légale», a averti David Card, un autre analyste de JupiterResearch.

«Mais cela va favoriser davantage la concurrence entre les sites de vente et entre baladeurs, et à long terme poussera le secteur», pronostique-t-il.

Les analystes estiment globalement que cette annonce va mettre une très forte pression sur les autres maisons de disques pour supprimer les DRM.

«Nous nous attendons à une hausse des ventes sur iTunes, et aussi à une hausse des ventes d'iPod, car la suppression des DRM ôte une barrière», a conclu l'analyste de la société de Bourse Piper Jaffray, Gene Munster.

Sur internet, les commentaires étaient très positifs, mais surtout pour une question de principe. Mais les habitués du piratage, qui téléchargent des chansons gratuitement sur des sites de peer-to-peer et les transfèrent sur un iPod, n'y voyaient pas grand intérêt.

«Pourquoi dois-je payer plus d'un dollar pour quelque chose que je peux trouver gratuitement», s'interrogeait ainsi un internaute sur son blogue.

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