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Insultes et moqueries sur Internet

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AFP
Washington

Aux États-Unis, les sites Internet de socialisation pour adolescents viennent à remplacer les cours d'écoles et les bizutages, moqueries et injures cybernétiques se font cette fois-ci à l'abri du regard des surveillants et de l'encadrement scolaire souvent désemparés.

Plus d'un tiers des adolescents américains naviguant sur les messageries instantanées et les sites communautaires (social networking) tel MySpace, FaceBook, Xanga ou Friendster, sont victimes d'insultes électroniques, souvent proférées par des familiers de l'école.

«Beaucoup de jeunes pratiquent ces insultes cybernétiques parce qu'avec la distance, ils ne voient pas le mal qu'ils font, ils pensent que c'est juste pour s'amuser», affirme à l'AFP Justin Patchin, professeur de criminologie à l'Université de Wisconsin-Eau Claire, co-auteur de plusieurs études sur le sujet.

Cela prend la forme de commentaires méchants sur ces pages de portraits, placés par les jeunes sur ces sites, ou d'insultes répétées lors de conversations sur des messageries instantanées.

Mais parfois les insultes vont plus loin: 12,6% des jeunes interrogés dans le cadre de l'enquête de l'Université de Wisconsin (nord) affirment avoir été menacés physiquement et près de 5% disent craindre d'être aggressés.

Le phénomène a même provoqué des suicides. Fin 2005, Jeff, 15 ans, s'est tué en Floride après avoir été harcelé pendant deux ans par des camarades sur Internet. Un autre garçon de 13 ans, Ryan Halligan, du Vermont, a mis fin à ses jours en 2003. Souffrant d'un léger handicap, il était devenu la tête de turc des filles qui l'ont humilié via Internet jusqu'à ce qu'il craque.

«Le harcèlement électronique n'était peut-être pas la seule cause de leur suicide, mais leur entourage a toujours affirmé que cela avait été le principal facteur de leur dépression puis de leur geste», affirme Justin Patchin.

Les filles sont bien placées dans ce nouveau sport de la moquerie cybernétique, qu'elles en soient victimes ou protagonistes. Elles sont même plus nombreuses que la moyenne (38,3% contre 34,4%) à avoir subi des insultes via le net et n'hésitent pas à y répondre (27,3%), selon l'Université du Wisconsin.

«D'ordinaire, les garçons étaient les rois des chicaneries dans les cours d'école mais sur le net, les filles les égalent», reconnaît le professeur en criminologie. Une des raisons, selon lui, est que «la nature des attaques féminines est plus subtile, plus subversive et plus indirecte. L'Internet est parfait pour ce type d'agression».

«Salope, grosse et moche» constituent ainsi le florilège des insultes «subtiles» les plus fréquentes avec la propagation de calomnies et de rumeurs, selon les recherches de l'université.

Face à un phénomène qui se passe le plus souvent hors de l'école, l'encadrement scolaire américain est souvent désarmé.

«C'est un problème très délicat», convient Ann Flynn, une responsable de l'Association nationale des conseils d'administration scolaire (NSBA). «Grosso modo, c'est comme si quelqu'un insultait un élève chaque jour au coin de la rue. Comment l'école peut-elle contrôler ce qui se passe sur le trottoir ?».

Limitées dans leurs efforts disciplinaires à l'extérieur des collèges et lycées, de nombreuses écoles interdisent le harcèlement cybernétique dans leurs codes de conduite, précise Mme Lynn qui croit que la solution passera «davantage par l'éducation que par la législation».

«Légiférer en la matière enfreint la liberté d'expression», rappelle la responsable du NSBA qui a commandé une vaste étude sur l'utilisation des sites communautaires par les jeunes, «un phénomène qui a explosé si rapidement qu'il est difficile de savoir ce qu'il s'y passe».




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