Un robot de téléprésence permettant aux familles de rendre visite virtuellement à leurs aînés sera expérimenté dans deux maisons de retraite près de Toulouse, aux côtés d'un robot humanoïde conçu pour stimuler la mémoire.

Publié le 26 sept. 2015
Anne LEC'HVIEN AGENCE FRANCE-PRESSE

D'environ 1,70 mètre, le robot est composé d'un écran fixé à hauteur de visage sur une structure mobile d'aluminium et de bakélite. Les familles peuvent en piloter les mouvements à distance pour suivre leur proche dans sa chambre, au restaurant ou dans la salle d'activité de la maison de retraite, indique Dominique Blasco, président de l'entreprise RoboCARE Lab, qui distribue le produit.

«Le robot est déjà utilisé en entreprise. On a pensé que l'utiliser dans des résidences permettrait de recréer du lien social entre les familles et les résidents, et dans un deuxième temps, de susciter des visites réelles», estime-t-il, assurant qu'il s'agit d'une première en France.

Les familles pourront réserver à l'avance un créneau horaire d'une heure qui leur coûtera environ 15 euros (un peu plus 22 dollars).

«C'est souvent la même personne dans une famille qui rend visite aux personnes âgées, c'est un poids énorme», a précisé à l'AFP Faissal Houhou, directeur général de l'entreprise basée à Toulouse. «Cela va permettre aux autres membres de la famille de participer», estime-t-il.

Présenté vendredi par ses promoteurs, le robot utilise le réseau WiFi, mais M. Houhou assure que les échanges de données sont cryptés et que des «pare-feux» ont été mis en place. «Le piratage existe et existera toujours, mais les moyens de le contrer aussi», estime-t-il.

L'appareil a une autonomie de huit heures, et se recharge sur une borne électrique. Il vaut entre 15 et 20 000 euros (entre 22 400 et 199 900 dollars). RoboCARE Lab compte expérimenter le dispositif dans deux résidences, avant de le déployer en octobre dans les 18 établissements appartenant au réseau Edenis dans la région.

«Une personne âgée qui rentre dans un établissement, c'est une telle coupure, que certains se replient sur eux-mêmes, ce qui favorise le déclin de la mémoire», indique Florence Decottignies, directrice médicale et qualité d'Edenis, réseau de maisons de retraite partenaire du projet. Selon elle, la machine peut être une réponse à la dépression de certains résidents.

Personnage de manga

RoboCARE Lab s'attaque aussi au déclin de la mémoire chez les personnes âgées.

La société a également présenté vendredi un nouveau robot humanoïde, baptisé Milo, et fabriqué aux États-Unis par la société Robokind. La machine a l'allure d'un personnage de manga, des cheveux en bataille, le visage poupin et de toute petite taille.

Développé pour les enfants autistes, le personnage pose des questions type jeu-questionnaire, et propose des jeux pour des ateliers d'éveil cognitif et de stimulation de la mémoire à destination en particulier des malades d'Alzheimer.

«Des robots sont déjà utilisés pour des animations sportives, et il existe aussi des robots qui parlent, mais c'est une première en France pour un robot qui articule», a souligné M. Houhou. La correspondance entre la voix et la bouche n'est pas parfaite, mais la mâchoire de Milo mime bien l'articulation humaine.

Le robot américain, adapté pour les personnes âgées et pour le marché français, sera utilisé par les soignants dans les établissements à partir de 2016.