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Kindle Unlimited: «une formule qui ne va pas prospérer»

Le Kindle Unlimited, la formule d'abonnement à accès illimité de livres... (PHOTO ARCHIVES PC)

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Agence France-Presse
PARIS

Le Kindle Unlimited, la formule d'abonnement à accès illimité de livres numériques lancée par Amazon, ne prospèrera pas, a assuré vendredi Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre, filiale du groupe Lagardère.

«C'est une formule qui, selon nous, ne va pas prospérer, je m'en réjouis», a déclaré le patron du premier groupe d'édition en France sur France Inter.

Ce type d'abonnement revient à «dégrader de matière massive les conditions d'exploitation que nos auteurs nous demandent de défendre, ça n'a pas de sens pour l'éditeur, ça n'a pas de sens pour les lecteurs et ce n'est pas conforme à la loi», a-t-il insisté.

«Les gros lecteurs lisent deux livres par mois, quel est l'intérêt de payer 9,99 euros par mois pour 100 000 livres? C'est une offre qui n'a aucun intérêt si ce n'est pour découvrir les livres, ce qu'on peut faire en librairie et on n'a même pas besoin de payer 9,99 euros», a remarqué le responsable.

Arnaud Nourry s'est par ailleurs félicité d'avoir résisté aux tentatives d'Amazon de réduire le prix du livre numérique aux États-Unis. Après un long conflit, le groupe a conclu un accord avec le géant américain en 2014.

«On a résisté. L'enjeu, c'était de tenir le contrôle sur le prix auquel étaient vendus les livres».

«Un livre en format cartonné à 25 dollars et numérique à 9 dollars, c'est un écart qui ne se justifie par aucune économie d'échelle et qui va casser notre industrie», a estimé le patron de Hachette Livre.

«Au fond la bataille qui m'a opposé à Amazon l'an dernier était autour de ce thème particulier: qui va décider du prix de vente. Si on perd le contrôle sur le prix de vente des livres, Google aura peut-être l'idée de les donner ou de les prêter gratuitement», a-t-il expliqué.

Arnaud Nourry a déploré la décision de la Cour de justice de l'Union européenne le 5 mars, qui, en donnant raison à la Commission européenne, a estimé que la France devra relever le taux de la TVA sur le livre numérique de 5,5 % à 20 %.

«C'est complètement contraire au bon sens d'appliquer un taux différent sur le papier et le numérique, j'espère que la Commission européenne va retrouver le chemin du bon sens», a-t-il déclaré.

Mais Hachette Livre attendra avant de décider de répercuter cette hausse, qui n'est pas encore entrée en vigueur, a-t-il précisé.

«Je serais plutôt tenté de ne pas augmenter les prix en attendant que la commission inverse cette décision», a dit M. Nourry.

«Mon intuition c'est de ne pas le faire, d'absorber l'écart de marge», pendant une durée qui pourrait aller jusqu'à 18 mois puisque des prix trop élevés en numérique augmentent le risque de voir se développer l'offre illégale, a souligné le responsable.

Les livres numériques représentent quelque 40 % du marché aux États-Unis, contre 20 % au Royaume-Uni mais seulement 5 % en France, a-t-il rappelé.




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