Le numérique envahit les fermes américaines

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Andrew Isaacson est bien assis dans l'habitacle, mais sa tâche principale est de surveiller les écrans de contrôle de l'engin.

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Rob Lever
Agence France-Presse
WARWICK

Doté d'un GPS et du pilotage automatique, le tracteur se fraye un chemin entre les rangs de maïs et dépose de l'engrais dosé avec précision. Il roule presque tout seul dans le champ de cette ferme du Maryland, sur la côte est des États-Unis.

Andrew Isaacson, un employé de l'exploitation nommée Little Bohemia Creek, est bien assis dans l'habitacle. Mais sa tâche principale est de surveiller les écrans de contrôle de l'engin. «J'ai juste besoin de faire demi-tour au bout de la rangée», indique-t-il.

Dans cette ferme de Warwick, le travail ne repose plus seulement sur les gestes et savoirs acquis au gré et au labeur des générations. «L'agriculture de précision», qui se répand dans tout le pays, a fait son entrée dans l'exploitation.

Grâce au GPS, les tracteurs évitent de passer deux fois au même endroit, économisant du temps et du carburant. D'autres instruments mesurent précisément la quantité d'eau présente dans le sol, permettant aux agriculteurs d'ajuster leur système d'irrigation au plus juste.

À Little Bohemia Creek, des capteurs sondent le terrain et indiquent combien d'engrais et autres pesticides doit recevoir telle partie du champ.

«Cette technologie permet une collecte plus fine des données», explique Rich Wildman, du cabinet de conseil agricole Agrinetix. L'agriculteur peut ensuite ajuster ses produits «au centimètre près».

Les avantages? Des rendements en hausse accompagnés d'une consommation d'engrais et produits chimiques réduite de 10 à 20%.

Jon Quinn, 48 ans, le propriétaire de Little Bohemia Creek, utilise GreenSeeker, un appareil fabriqué par la société californienne Trimble, dans le cadre d'un projet-pilote.

«Je ne sais pas si je diminue ma consommation d'azote, mais au moins je le mets au bon endroit», assure-t-il. S'il dit vrai, l'engrais sera absorbé principalement par le maïs et non par la rivière en contrebas.

Question de génération 

L'agriculteur est aussi partie prenante d'une autre expérimentation, cette fois menée par Monsanto: grâce aux données récoltées sur ses parcelles, il peut savoir exactement comment chaque semence réagit en fonction de la nature du sol.

«Je les télécharge sur mon iPad et elles partent directement» chez Monsanto, explique-t-il.

L'utilisation du GPS et de la direction assistée s'est répandue au cours des 15 dernières années dans les grandes exploitations, indique Jess Lowenberg-DeBoer, économiste à Purdue University. «Les avantages économiques sont flagrants», assure-t-il. Les agriculteurs «y gagnent soit en améliorant leurs rendements soit en abaissant leurs coûts, parfois même avec une qualité supérieure».

Quelque 80% des engins agricoles sont maintenant vendus avec ces outils informatiques.

Pour les technologies plus récentes comme les capteurs de sols ou l'analyse de la cartographie, les résultats sont plus mitigés car les agriculteurs doivent être formés pour en tirer des bénéfices, souligne Jess Lowenberg-DeBoer. Aussi en 2013 seulement 7% des concessionnaires américains de machines agricoles vendaient des engins équipés de capteurs.

La prochaine étape, ce sont les drones. Grâce à eux, «on peut détecter des problèmes sur les plantes avant même qu'ils soient visibles à l'oeil nu», explique Dennis Bowman, qui teste ces engins volants sans pilote à l'Université de l'Illinois (nord).

Leur utilisation se heurte toutefois encore à un souci de taille: les autorités américaines n'autorisent les drones privés qu'au coup par coup.

Au sein des vignobles et plantations d'agrumes, le laser a en revanche déjà trouvé sa place en apportant des renseignements sur l'état de santé des fruits.

«La nouvelle génération de producteurs veut avoir accès en temps réel à toutes les données sur leur culture», explique Thomas McPeek d'AgerPoint, une société basée en Floride (sud-est), qui a développé cette technologie. «Plus ils ont d'informations, meilleures sont leurs décisions et plus ils gagnent d'argent».

Mais équiper tous les engins en capteurs, logiciels et autres GPS a aussi un coût. Les agriculteurs «sont tous sceptiques au début», remarque Bryan Peterman, vendeur à Atlantic Tractor dans le Delaware (est). «C'est vraiment une question de génération. Les plus jeunes, qui utilisent téléphones intelligents et iPads, les adoptent rapidement».




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