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Japon: le pays des écrans plus que tactiles

Fujitsu a organisé son mini-salon annuel jeudi et... (Photo Yoshikazu TSUNO, AFP)

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Fujitsu a organisé son mini-salon annuel jeudi et vendredi à Tokyo.

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Karyn POUPEE
Agence France-Presse
TOKYO

Ressentir le relief de la peau d'un crocodile sur un écran tactile, c'est peu ragoûtant, mais c'est étonnant, tout comme les étagères de boutiques qui devinent ce que le client regarde ou les légumes d'usine, à ne surtout pas laver avant de déguster. Bienvenue au Japon.

«Faites glisser votre doigt ici, sur le dos du crocodile, vous sentez ?»: diantre oui, il y a bien un relief, mais l'écran de la tablette est pourtant tout ce qu'il y a de plus plat.

C'est que la sensation tactile de relief, de crans ou de toute autre surface peut être simulée. Le sens du toucher est trompé par la perception d'une vibration ultra-son coordonnée avec l'image: le cerveau combine les deux et le doigt croit ainsi sentir le relief de la peau du crocodile, le crantage d'une molette de coffre-fort ou encore les cordes d'un koto (instrument traditionnel japonais).

«Nous pensons pouvoir proposer des téléphones intelligents intégrant cette technologie dans le courant de 2015», précise un responsable de Fujitsu rencontré lors du mini-salon annuel organisé jeudi et vendredi à Tokyo par cette entreprise éclectique.

Fujitsu s'intéresse aussi au commerce: d'abord avec une application qui permet de filer tout droit sur un site de vente en ligne en photographiant avec un téléphone intelligent un objet vu à la télé, ou encore avec des présentoirs de boutiques qui font défiler sur un grand écran des informations précises sur l'article que regarde le chaland. S'il braque les yeux ailleurs, le contenu change.

«Non seulement cela permet d'informer le client sur ce qui l'intéresse, mais en plus le système enregistre le nombre de regards qui se sont portés sur chacun des objets, ce qui permet de mesurer l'intérêt que suscitent les produits exposés», explique Fujitsu.

Au rayon des cosmétiques ou des vêtements, un système complémentaire distingue l'âge et le sexe du client pour lui conseiller des produits: «pour vous, femme de plus de 30 ans, le parfum vert vous irait très bien», indique le dispositif.

Toujours dans la série «les machines pensent pour vous», Fujitsu vante aussi la «kashikoi kuruma», la voiture maline, celle qui enferme des caméras, des capteurs divers et surtout un serveur en guise de cerveau relié par réseau cellulaire à un «centre d'informatique en nuage» (cloud computing) empli de «données massives» (big data), pour la conduite autonome, la radionavigation, la sécurité et le divertissement de bord. Le prototype présenté utilise par moins de six écrans.

Des laitues dans une usine de puces

Enfin, au rayon alimentaire, Fujitsu présente des laitues d'un vert improbable emballées dans des sachets stériles, «à manger directement sans les laver parce qu'elles sont totalement dépourvues de germes microbiens», insiste Toshikazu Miyazawa, directeur d'une division de technologies agricoles de Fujitsu.

Ces salades à faible teneur en potassium, une technique brevetée par une université nippone, sont cultivées dans une ex-usine de semi-conducteurs de Fujitsu dans la préfecture de Fukushima, mondialement connue depuis la catastrophe nucléaire survenue dans cette région en mars 2011.

«L'usine profite de toute l'infrastructure qui pré-existait pour les semi-conducteurs et de toute l'expertise technique en termes de gestion de luminosité, température et humidité ou de contrôle de micro-organismes», explique M. Miyazawa.

Cultiver des légumes dans cet environnement clos et stérile est un moyen de contourner les craintes concernant la radioactivité.

Les salades y poussent en étagères jusqu'au plafond et le nombre de pieds est 25 fois supérieur à celui que donnerait une serre de surface égale.

Par ailleurs, Fujitsu dit vouloir contribuer à limiter les effets négatifs de l'inquiétant vieillissement et de la diminution de la population agricole japonaise en fournissant toute une batterie de technologies pour réduire la main-d'oeuvre requise et rendre ce métier plus attractif pour les jeunes.

«Grâce aux caméras et capteurs installés dans les champs, ainsi qu'au cloud computing et au big data, le cultivateur n'a même pas besoin de s'y rendre à chaque fois pour contrôler la croissance et l'état général de sa production: il peut le faire de chez lui avec sa tablette», explique Fujitsu, dont les concurrents Hitachi et Toshiba proposent aussi des dispositifs similaires.




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