Le milieu québécois de l'animation veut se donner plus de temps avant de décider s'il demandera au gouvernement Marois d'assouplir l'interdiction de publicité télévisée aux enfants de moins de 13 ans.

Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

Réunis mercredi pour les premiers états généraux de l'industrie, les entreprises et les artisans du milieu de l'animation au Québec veulent examiner plus attentivement les études d'autres provinces canadiennes sur la publicité destinée aux enfants avant de faire - ou non - une demande au gouvernement Marois pour modifier cette loi unique au Canada.

«Nous sommes encore dans l'analyse. Nous avons aussi besoin de savoir ce que les diffuseurs [télé] en pensent», dit Marie-Claude Beauchamp, présidente d'Alliance Québec Animation, un regroupement d'une quarantaine de studios et de producteurs québécois.

L'idée de changer la loi interdisant la publicité télévisée aux enfants, en vigueur depuis 1980, a été soulevée l'hiver dernier dans les comités d'Alliance Québec Animation.

Si Alliance Québec Animation n'a pas statué sur la question controversée de la publicité pour enfants, le jeune regroupement a accouché hier d'une vingtaine de recommandations pour les gouvernements et les organismes qui financent leurs productions comme la SODEC et le Fonds des médias du Canada.

Parmi les demandes de l'industrie: que leurs bailleurs de fonds publics tiennent compte des ventes à l'international (au même titre que les ventes auprès d'un diffuseur télé canadien) quand vient le temps d'octroyer du financement.

«Nous pourrions obtenir notre financement en partie sur la base de ventes à l'étranger. La SODEC et le Fonds des médias du Canada semblent favorables à une telle idée», dit Marie-Claude Beauchamp, présidente de la boîte d'animation Carpe Diem qui a notamment produit La légende de Sarila, premier film d'animation québécois en 3D.

Alliance Québec Animation aimerait que le gouvernement Marois modifie le crédit d'impôt à la production d'animation. Pas le bonifier (il est de 37,5% au Québec), mais l'octroyer par entreprise plutôt que par projet.