L'association Internet sans frontières a appelé vendredi à la constitution d'un e-syndicat pour la défense des droits des contributeurs en ligne face à Facebook dont la valeur en Bourse «est indexée sur son abus de notre droit au contrôle de nos données personnelles».

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le réseau communautaire sur internet, Facebook, va faire des débuts très attendus vendredi sur la plateforme boursière électronique Nasdaq, au prix de 38$ pièce, ce qui lui donne une valorisation maximale de 104 milliards de dollars.

«Cette valorisation est-elle liée au logiciel et à l'infrastructure de l'entreprise ou aux informations que Facebook récolte et exploite avec ou sans le consentement de ses 900 millions d'usagers et contributeurs à travers le monde?», s'est interroge le président de l'association, Archippe Yepmou, lors d'une conférence de presse à Paris.

Pour peser face au géant américain, l'association soutient donc «l'idée d'un syndicat qui pourra imposer un rapport de force avec l'entreprise de M. Zuckerberg, pour lui faire comprendre que l'on a un droit de regard» sur nos informations personnelles, assure Antonin Moulart, membre d'Internet sans frontière.

Le plus simple pourrait être de ne pas s'inscrire sur ce réseau social, mais «la position monopolistique de Facebook en font un espace de socialisation obligatoire pour toute une partie de la population», soutient l'association.

Internet sans frontière explique également que le problème de confidentialité des données dépasse les seuls utilisateurs de Facebook car «nos carnets d'adresses sont entièrement scannés par Facebook à travers notre téléphone mobile ou notre webmail, et une identification biométrique par défaut permet à Facebook de reconnaître logos et visages sur les photos sans que le contributeur n'ait donné son autorisation explicite et préalable».

L'association travaille déjà avec un collectif d'avocats et compte sur ce syndicat pour collecter les preuves d'abus de la société américaine pour éventuellement engager des actions juridiques, a indiqué M. Yepmou.