Apple a finalement approuvé pour sa tablette informatique iPad une adaptation illustrée du livre «Ulysse» de James Joyce contenant des scènes de nudité, que le groupe californien avait initialement tenté de faire supprimer.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«C'est plutôt ironique, étant donné les antécédents de ce livre en matière de censure et d'obscénité», a déclaré à l'AFP Robert Berry, l'illustrateur de cette application baptisée «Ulysses 'seen».

«C'est d'autant plus drôle que le livre de Joyce est disponible sur iBook», la librairie électronique de l'iPad, a-t-il ajouté.

Les objections d'Apple portaient sur des dessins montrant des seins nus de femmes sur deux pages, selon M. Berry.

«Apple a certaines règles très strictes contre la nudité que les développeurs doivent suivre» s'ils veulent que leur programme rejoigne l'App Store, le gigantesque catalogue d'applications de la firme à la pomme, a expliqué le dessinateur.

«Du coup, on leur a demandé si on pouvait pixeliser (flouter, ndlr) les dessins», a raconté l'artiste. «Ils ont dit: "non", il ne peut y avoir aucune nudité du tout».

M. Berry a alors commencé à travailler sur une nouvelle version, avant qu'Apple ne le rappelle lundi et n'accepte son application, dont l'accès reste toutefois limité aux personnes âgées de 17 ans et plus.

Tout en indiquant ne pas se sentir victime de «censure», le dessinateur a estimé que cette affaire soulignait que les méthodes d'Apple pouvaient influencer le travail des artistes souhaitant figurer sur l'App Store.

Le livre «Ulysse» raconte les pérégrinations de deux hommes dans les rues de Dublin au début du XXe siècle. L'oeuvre a fait l'objet d'une querelle judiciaire aux Etats-Unis qui s'était soldée par un jugement en 1933 statuant que le livre ne présentait pas de caractère obscène.

En avril dernier, une application pour l'iPhone, le téléphone d'Apple, conçue par un caricaturiste politique américain et qui avait été refusée par l'entreprise au motif qu'elle se moquait de personnalités publiques, avait finalement été acceptée, après que son auteur, Mark Fiore, eut remporté le prix Pulitzer.