Les géants asiatiques de l'électronique se promettent un avenir radieux et en trois dimensions, mais l'essor de cette technologie auprès du grand public n'en est encore qu'à ses balbutiements.

Adrian Addison AGENCE FRANCE-PRESSE

Panasonic, Samsung, Sharp, Mitsubishi ou Toshiba: tous s'apprêtent ou ont commencé à mettre sur le marché des téléviseurs ou des ordinateurs 3D.

Sony a déjà lancé huit modèles de téléviseurs à affichage en trois dimensions (3D) avec une entrée de gamme à 200 000 yens (2200 dollars) pour un écran 40 pouces. Le constructeur japonais envisage également des jeux en 3D pour sa Playstation 3.

«En termes de technologie, les téléviseurs et les consoles de jeux dans les foyers ne pouvaient pas gérer la 3D de façon adéquate», explique à l'AFP Akira Shimazu, responsable de projets 3D chez Sony.

La donne a radicalement changé avec les écrans à cristaux liquides de nouvelle génération, qui permettent de lire la 3D en haute définition, et l'apparition du Blu-ray, cette technologie concurrente du DVD dont les disques peuvent contenir des films haute définition en 3D.

La qualité du contenu s'est aussi améliorée avec des processeurs capables d'adapter les images 3D, ce qui était impossible auparavant.

Plusieurs films en 3D ont récemment débarqué sur les écrans comme Avatar, du cinéaste canadien James Cameron, Alice au pays des merveilles, de l'Américain Tim Burton ou encore la superproduction mythologique Le Choc des Titans.

Mais tout comme lors de l'introduction du câble et du satellite, c'est du sport que pourrait dépendre le succès ou l'échec de la 3D grand public.

«La diffusion en direct d'événements sportifs est un des genres les plus prometteurs pour la 3D», souligne Akira Shimazu.

Sony, partenaire officiel de la Fédération internationale de football (FIFA) doit filmer et diffuser au total 25 matchs en 3D pendant la Coupe du monde en Afrique du Sud.

La chaîne française Canal+ a annoncé début juin le lancement à l'occasion de la Coupe du monde de sa chaîne 3D, Canal+ 3D, qui diffusera neuf matches du Mondial-2010 en direct et en relief.

Mais les handicaps liés à cette technologie n'ont guère changé depuis l'âge d'or de la 3D, dans les années 1950: les spectateurs doivent toujours chausser les lunettes.

«La plupart des experts s'accordent sur le fait que porter des lunettes est un problème pour une adoption en masse» de cette technologie, explique Paul O'Donovan, expert auprès du cabinet d'études Gartner.

Le prix des lunettes à usage permanent varie de 75 à 150 dollars.

«Et se pose le problème du nombre de paires fournies avec la télévision. Samsung offre deux paires, mais si des amis viennent regarder chez vous un film ou du sport, qui fournit les paires supplémentaires?», interroge-t-il.

Sony travaille actuellement sur une technologie ne requérant pas l'usage de lunettes.

Le spécialiste japonais des jeux vidéo Nintendo a dévoilé mardi la nouvelle version de sa console portable DS, qui permet de jouer en trois dimensions sans chausser de lunettes spéciales. Mais ni la date de commercialisation ni son prix n'ont été indiqués.

Pour M. O'Donovan, il y a bien un marché pour la 3D grand public «mais il est petit et composé de pionniers qui veulent épater leurs voisins», dit-il.

Ichiro Michikoshi, analyste chez BCN, se montre également prudent: «Il y a un marché (...). Mais je pense que les téléviseurs 3D ne vont pas se vendre merveilleusement tant que le téléspectateur ne pourra regarder de la 3D sans lunettes».

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