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L'homme doit s'occuper du robot avant que le robot ne s'occupe de lui

Le robot sud-coréen Mahru... (AFP)

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Le robot sud-coréen Mahru

AFP

Edouard Guihaire
Agence France-Presse

Des robots baby-sitter, d'autres qui donnent la cuillère aux malades... Face au risque de laisser à des machines des responsabilités incombant normalement aux humains, un chercheur britannique demande au plus vite des règles éthiques internationales.

«Il y a déjà au moins 14 entreprises au Japon et en Corée du Sud qui ont mis au point des robots pour s'occuper des enfants. La question est de savoir si cela conduira à un manque de soins», explique Noel Sharkey, professeur en intelligence artificielle et robotique à l'université de Sheffield (Grande-Bretagne).

Dans un article publié jeudi dans la revue américaine Science, le scientifique s'interroge sur la place de plus en plus importante des robots dans la vie quotidienne et pose la question de leur contrôle.

Outre le risque des applications militaires, le chercheur s'inquiète de la prise en charge par des robots de «personnes vulnérables», comme les enfants ou les personnes âgées, soulignant que des machines permettant de donner à manger à des malades existent déjà, comme le robot japonais «My Spoon» (ma cuillère).

Des robots pourraient aussi se voir confier par des parents la garde de leur enfant, remplaçant la «nounou» en chair et en os. Selon le scientifique, cela «peut constituer une expérience divertissante et stimulante» pour un enfant, si la «fréquentation du robot» ne dure pas longtemps.

«Mais nous ne savons pas quel impact psychologique peut découler du fait de laisser des robots garder des enfants pendant de longues heures», explique-t-il à l'AFP, remarquant que lors d'expériences menées sur des singes, ce type de scénario a conduit à des résultats inquiétants.

Les jeunes singes gardés par ces mères de substitution se sont révélés «incapables de communiquer avec les autres singes, ou de se reproduire», observe-t-il.

Noel Sharkey relève que les ventes de robots ont considérablement augmenté depuis le début du siècle, atteignant près de 5,5 millions en 2008. Inversement, leur prix a chuté et ils valent en moyenne 80% moins cher qu'en 1990.

Conséquence: «ils vont occuper dans nos vies une place sans précédent», affirme-t-il, craignant qu'en l'absence de règles éthiques fixées par des instances internationales, les décisions concernant leur utilisation ne soient laissées aux militaires, aux industriels ou à des parents trop occupés, à moins qu'elles ne soient tout simplement éludées.

Et le scientifique rappelle les propos de Bill Gates, fondateur de Microsoft, qui «a prédit que dans les prochaines années, les robots seront plus présents dans nos vies quotidiennes que les ordinateurs».

«Nous avons été pris au dépourvu par l'explosion d'internet et ce serait une bonne idée que cela ne se reproduise pas avec les robots. Il est préférable que nous établissions des normes éthiques maintenant, avant que l'utilisation massive des robots ne soit répandue», dit-il.

«En d'autres mots, il faut établir des normes tout de suite, plutôt que de les laisser se mettre en place toutes seules», précise-t-il.

Pour Noel Sharkey, qui étudie le sujet depuis 30 ans, de telles normes sont compatibles avec l'essor des robots, dont il est un fervent défenseur: «J'ai toujours souligné les avantages que les robots pouvaient apporter dans les tâches dangereuses, ou en médecine».

«Je ne m'inquiète pas que des robots puissent prendre le contrôle des humains. Ce sont des machines sans cervelle, faites d'ordinateurs et de capteurs, qui ne pensent pas par elles-mêmes, malgré tout ce qu'on peut voir dans la science-fiction», dit-il.

«Ce qui m'inquiète, ce ne sont pas les robots eux-mêmes, mais l'usage que les hommes en font».




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