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Pris au piège de la Toile à 19 ans

Une mère de famille d'Ottawa ne reconnaît plus son fils de 19 ans, déconnecté de la réalité tellement il est accro aux jeux en ligne. Un jeune homme brillant qui n'a pourtant pas hésité à voler la carte de crédit de sa mère pour payer son adhésion à certains sites.

La mère, qui souhaite garder l'anonymat afin de protéger l'identité de son enfant, cherche désespérément de l'aide pour son fils, qui passe tout son temps dans le monde virtuel, et ce depuis maintenant cinq ans. Son obsession pour les jeux interactifs, dans lesquels s'affrontent des joueurs de partout dans le monde, a pris le contrôle de sa vie. «Je pense qu'il ne sait plus ce qu'est le bonheur», croit la mère.

La dame a mis plus d'un an à réaliser que son fils était complètement dépendant d'Internet. En 2002, le jeune homme a été perturbé par la rupture de ses parents, au même moment où il débutait ses études secondaires. «Il n'était pas heureux à l'école, et parfois il pouvait quitter l'école dans la matinée pour revenir à la maison afin de jouer sur Internet, se rappelle la mère. Mais je ne l'ai pas réalisé tout de suite, parce que j'étais occupée à gérer ma rupture et à m'occuper de ma fille qui souffre d'une maladie sérieuse.»

L'adolescent pouvait aussi passer des nuits blanches devant son écran d'ordinateur, de sorte qu'il se présentait en classe totalement épuisé le lendemain. Un scénario qui s'est répété avec les emplois qu'il dénichait, mais qu'il ne réussissait pas à garder. «J'ai commencé à essayer de contrôler son accès à Internet. J'enlevais le clavier ou j'installais des mots de passe, mais tout ce que j'essayais ne fonctionnait pas, il fouillait partout dans la maison jusqu'à ce qu'il trouve l'équipement, ou sinon il allait dans des cafés Internet.»

48 h «en ligne»

Au début, le jeune homme pouvait jouer en ligne entre cinq et dix heures par jour. La dépendance s'est aggravée, au point où il a déjà passé 48 heures consécutives devant son écran.

L'adolescent a quitté l'école après la 12e année, qu'il n'a pas terminée en raison de certains cours non complétés. «Il n'avait pas la volonté de finir ses études, alors que quand il était plus jeune, il souhaitait devenir médecin, raconte sa mère. Il s'impliquait dans le sport, s'amusait au soccer et jouait du piano et du saxophone.»

Au fil des ans, il s'est complètement isolé du monde extérieur. «Il ne retournait plus les appels de ses amis, il disait qu'il n'avait plus rien en commun avec eux, tandis qu'avec ses jeux en ligne, je pense qu'il a des amis de partout sur la planète, mais ce n'est pas un vrai monde», déplore la mère. Auparavant inconscient de son problème, le jeune adulte le comprend un peu plus aujourd'hui. «Avant, il niait tout. Maintenant, il l'accepte, mais il ne se voit quand même pas faire autre chose.»

Sensibilisation

Si les dépendances comme la toxicomanie, l'alcoolisme et le jeu compulsif sont comprises et traitables, la cyberdépendance n'est pas officiellement reconnue. Les traitements reconnus sont donc inexistants. «Je sens que je n'ai aucun pouvoir et ça me frustre, parce que le système médical n'est pas préparé pour aider mon fils», déplore la dame.

Elle garde malgré tout espoir que le trouble qui affecte son enfant disparaisse un jour. «Je suis déterminée à faire tous les efforts qu'il faut, lance-t-elle. S'il faut que je passe une journée sur le coin d'une rue ou sur la colline parlementaire avec une affiche dans les mains pour sensibiliser les gens à cette problématique, je le ferai, parce que je suis sûre que je ne suis pas la seule dans cette situation.»

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