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L'auto sans conducteur s'en vient

AFP
Las Vegas

Lentement, prudemment, un gros 4x4 de General Motors hérissé de dizaines de radars, caméras, GPS et lasers virevolte sur un parking désert entre des plots orange, s'arrête doucement quand une voiture lui barre la route, et sait faire des créneaux parfaits. Au volant, personne.

C'est dans le coffre qu'est caché le conducteur: un énorme ordinateur.

Cette voiture-robot qui se conduit toute seule, exposée devant le Consumer Electronic Show de Las Vegas (CES), pourrait bien être celle du futur: «c'est tout à fait possible, nous avons déjà toute la technologie», explique fièrement à l'AFP son papa, l'ingénieur Bob Bittner, chef du projet à l'Université Carnegie Mellon.

C'est l'armée américaine, le DARPA, qui a tout démarré, en lançant il y a quelques années un défi aux étudiants d'université: construire une voiture sans conducteur capable de faire une course de 60 miles (100 km) et rouler en ville, en respectant les règles de la circulation, sachant éviter les obstacles, freiner en cas de bouchon, etc.

Une poignée de modèles se sont qualifiés pour la première épreuve en 2005, mais c'est surtout GM qui y a jeté des efforts considérables, selon M. Bittner.

Son modèle, une Chevrolet 207 équipée avec l'aide de plusieurs firmes high-tech, dont le spécialiste de la sécurité automobile Continental, a gagné de loin la dernière épreuve, en novembre 2007.

Sur le toit, une grosse bobine cylindrique tourne sans arrêt. «C'est un velodyne», explique-t-il, «qui intègre 64 lasers qui tournent constamment et envoient des millions de bits d'informations par seconde sur l'espace environnant».

Tout autour de la voiture, des radars à émission de lumière ou de son repèrent les obstacles, jusqu'à une vingtaine de mètres. Sur le toit, quatre grosses antennes GPS, et des caméras qui repèrent notamment les lignes blanches sur la route.

«Elle sait circuler dans un parking et se garer entre deux voitures, puis sortir de sa place en arrière, mieux que tous les gens que je connais», sourit l'ingénieur.

Interrogé sur ce qu'elle ne peut pas gérer, il signale quand même encore quelques soucis: «les piétons, et les feux rouges». Peut-être faudrait-il des signaux routiers spéciaux. Et dans un tunnel, où elle elle privée de GPS, la voiture aveuglée calcule où elle est en repérant le mouvement de ses roues, mais seulement pendant quelques kilomètres.

Pourtant, M. Bittner en est convaincu: «un modèle sans conducteur sur le marché dans 10 ans ? C'est possible».

Continental présente aussi toute sorte de commandes automatiques. «Notre technologie permet aux voitures de communiquer entre elles pour se signaler un obstacle, d'avertir automatiquement les services d'urgence, de sonner si le conducteur quitte son couloir sans clignotant (grâce à des caméras qui repèrent les lignes blanches) ou s'il dépasse la vitesse autorisée, ou de programmer une distance constante avec la voiture de devant», explique à l'AFP David Miller, un représentant du groupe.

La plupart des grandes firmes électroniques saisissent la vague porteuse de l'électronique embarquée dans les automobiles, un marché de déjà 10 milliards de dollars aux États-Unis, selon la Consumer Electronic Association, et qui constitue une part croissante du prix des voitures.

Microsoft expose un système de reconnaissance vocale dans l'automobile, pour déclencher d'un mot la radio, un lecteur musical ou répondre à un portable.

Le Salon de Las Vegas est d'ailleurs envahi cette année par les automobiles, avec un hall entier abritant des dizaines de voitures rutilantes, certaines bourrées d'écrans vidéos géants, dans le coffre et les portières (Cliff Design), de hauts parleurs géants (MTX). Des firmes comme US Telematics ou Autonet installent le wi-fi en voiture, pour surfer sur internet en roulant, et Intel montre un véhicule recevant le haut débit sans fil WiMax.




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