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Des traces électroniques qui dérangent

Pour les chasseurs de tête comme Marko Boyer, qui gagne sa vie en dénichant des candidats pour des postes à combler dans de grosses entreprises, Facebook est une manne.

«J'y trouve toutes sortes d'informations. Elles sont parfois positives, parfois négatives, mais chose certaine, j'évite beaucoup de démarches inutiles en consultant d'abord le profil d'un candidat potentiel», dit-il.

Facebook n'est d'ailleurs pas sa seule source d'informations sur le web. «Je me sers aussi beaucoup de Google et de LinkedIn (un site de réseautage pour gens d'affaires) dans mon travail», indique-t-il.

«Je cherche la moindre trace électronique qui pourrait m'aider à mieux cerner un individu. Un profil sur Facebook peut, par exemple, me donner une idée de l'apparence physique d'un candidat, du genre de propos qu'il tient, et s'il a l'air dynamique», précise le chasseur de têtes qui, pour le compte de Courtech, recrute notamment des avocats pour de grandes firmes montréalaises.

«Il m'arrive aussi d'y trouver des informations plus délicates. Souvent, ce sont des blagues à caractère discriminatoire, sexuel ou religieux, ou encore des idées politiques. Si je tombe sur de telles informations, je le souligne dans mon rapport», ajoute M. Boyer.

Plusieurs firmes d'enquêtes privées qui s'affichent dans les Pages Jaunes utilisent les mêmes méthodes, explique Rhéaume Perreault, conseiller en ressources humaines agréé chez Heenan Blaikie.

«Pour tout ce qui est enquête de pré-emploi, particulièrement pour les métiers de cols blancs, les vérifications sur l'internet sont monnaie courante, dit-il. Elles s'ajoutent maintenant aux enquêtes de crédit et aux vérifications d'antécédents criminels faites par ces firmes.»

Selon une enquête menée en 2006 auprès de 100 employeurs par la firme de recrutement ExecuNet, 77% des employeurs utilisent les moteurs de recherche internet pour glaner de l'information sur un candidat potentiel. Plus du tiers d'entre eux ont avoué avoir éliminé une candidature sur la base de ce qu'ils ont trouvé sur la Toile.

«Le seul conseil que je peux donner aux gens, c'est de prendre conscience que tout ce qu'ils écrivent sur des supports électroniques laisse des traces quasi indélébiles, dit Marko Boyer. Il faut faire preuve d'une prudence extrême sur le Net.»

À défaut d'être prudents, les internautes peuvent aussi se retourner vers ReputationDefender, une jeune entreprise internet de la Sillicon Valley qui, moyennant un abonnement mensuel d'une dizaine de dollars, surveille la Toile à la recherche de la moindre information concernant ses clients.

«Nous leur envoyons une fois par mois un rapport de veille. S'il y a une information les touchant qu'ils souhaitent faire disparaître de l'internet, nous nous en occupons pour 29,95$», explique Paul Pennelli, directeur du marketing de l'entreprise.

«Il n'y a aucune garantie que nous arriverons à faire disparaître les informations, précise-t-il. Nous ne faisons par exemple aucune approche auprès des sites de journaux ou gouvernementaux, sur lesquels nous n'avons aucun pouvoir. Par contre, sur des sites comme YouTube, nous pouvons arriver à faire retirer un clip ou une information dérangeant. Nous expliquons la situation et le point de vue de notre client, et notre succès dépend largement de la complexité du cas», résume M. Pennelli, qui assure compter plusieurs vedettes d'envergure parmi sa clientèle.

Selon lui, si les moteurs de recherche comme Google et Yahoo! ont généré beaucoup d'inquiétude par leur capacité de conserver en cache des données pendant plusieurs années, les sites de réseautage comme Facebook apportent une toute autre problématique.

«Ils sont une source majeure de tension entre les usagers parce que les gens qui s'en servent n'ont pas le contrôle sur ce que les autres utilisateurs disent d'eux», résume M.Pennelli.

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